Lors de ses vœux à la presse, ce jeudi 16 janvier, la présidente du Rassemblement national a annoncé sa candidature à la présidentielle de .

À deux ans et demi de l’échéance, Guillaume Bernard y voit « un aveu de faiblesse » en vue d’éliminer d’autres candidatures dans son camp ou même une candidature d’union.


Durant ses traditionnels vœux à la presse, Marine Le Pen a annoncé qu’elle serait bel et bien candidate à la présidentielle en 2022.
Pourquoi ici et maintenant ?

Je crains que pour Marine Le Pen ce soit une preuve de fébrilité et de faiblesse et non pas d’affirmation de sa puissance.
Le fait de présenter sa candidature très longtemps à l’avance, avant les municipales, les cantonales, et les régionales, c’est d’une certaine manière vouloir s’imposer comme candidate quoiqu’il arrive. C’est aussi vouloir éliminer les candidatures possibles qui pourraient essayer de rassembler, y compris le Rassemblement national. Par conséquent, c’est un aveu de faiblesse que de vouloir s’imposer comme candidate et non pas être la candidate naturelle d’un rassemblement politique.


Cette déclaration intervient juste avant les municipales et quelque temps avant l’événement qu’organise Patrick Buisson.
Est-ce une façon de rassembler son camp avant les municipales autour d’elle ?
Est-ce un moyen détourné de répondre à Patrick Buisson ?

Il y a une initiative de Patrick Buisson, mais il y en a d’autres. Il y a celle autour de Jean-Frédéric Poisson pour essayer de constituer un programme commun, pour ensuite dégager une candidature commune. D’une certaine manière, les initiatives de Poisson ou de Buisson vont à peu près dans le même sens, avec des moyens sans doute différents.
Par conséquent, je répète que c’est une preuve de fébrilité que de s’affirmer candidate avant même que les différentes sensibilités de la droite ne se soient parlées pour se mettre d’accord sur un programme commun et dégager une candidature commune avec un candidat naturel.
À la direction du Rassemblement national, il me semble qu’il y a une certaine inquiétude de voir la base s’émanciper de ses directives. On sait qu’au niveau local, un certain nombre de candidats RN cherchent véritablement à constituer des listes pour les municipales, en faisant un vrai rassemblement. Cela montre que la base de droite cherche et souhaite un programme commun, un élargissement de la base du Rassemblement national et pas simplement des ralliements au parti.
Marine Le Pen s’affiche immédiatement comme la femme d’un parti politique. C’est le signe qu’elle n’est pas assurée d’être la plus légitime pour être la candidate d’union des droites lors de la présidentielle de 2022.

Le fait d’annoncer sa candidature maintenant est peut-être un message de force pour s’imposer comme la candidate naturelle de cette partie de l’échiquier…

Elle peut évidemment se targuer que le Rassemblement national est la principale force politique sur la droite de l’échiquier politique. Au premier tour, il faut être capable de rassembler son camp. En évacuant le fait qu’elle puisse être candidate parmi d’autres pour s’imposer comme candidate naturelle, il me semble que c’est plutôt le signe d’une faiblesse qu’autre chose.
Et ensuite au second tour, il faut rassembler les Français et briser le plafond de verre pour le Rassemblement national. On peut se poser la question suivante : « est-ce que Marine Le Pen est la candidate idéale pour briser ce plafond de verre au second tour et battre son adversaire ?

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