Guerre contre les barbares : on devrait relire Fustel de Coulanges

Angela Merkel veut composer avec la Turquie. Elle croit que cette voie serait susceptible de l’aider à résoudre les problèmes de l’Allemagne face à l’arrivée des clandestins.

Au-delà du débat sur l’intégration de la Turquie dans la Communauté européenne, ce choix est révélateur de l’état d’impuissance dans lequel se trouve la politique allemande et de l’impasse bruxelloise. L’attitude de la France, qui vient pour sa part de conclure avec l’Arabie saoudite de lucratifs marchés à courte vue, a la même inspiration.

Nul ne peut contester que les vagues d’immigration qui frappent à nos portes sont manipulées et voulues par l’État islamique ainsi que par l’ensemble des forces qui mettent actuellement le feu au Moyen-Orient. Et nul ne peut dénier, non plus, que l’orientation actuelle de la Turquie, dont le rôle est capital dans la géopolitique de l’Europe et du Moyen-Orient, est a minima ambiguë par rapport à ces forces islamistes ; et que dire de celle de l’Arabie saoudite ?

Ceci nous renvoie à l’étude des rapports de force historiques entre l’Occident et l’Orient.

Ceux qui tirent les ficelles et déstabilisent les relations entre l’Europe et le Moyen-Orient sont et se comportent en barbares. Sur ce point, au moins, nous sommes tous unanimes. Il s’agit, par contre, de savoir en tirer les enseignements ; et c’est là que le bât blesse…

Fustel de Coulanges écrivait, en 1891 :

Entre civilisés et barbares, la lutte n’est pas égale. Les nations civilisées appliquent les neufs dixièmes de leur force à la paix et au travail ; les barbares appliquent à la guerre tous leurs bras et toute leur âme. Il peut donc arriver que des sociétés très fortes soient matériellement vaincues par des sociétés très faibles.

Notre Occident a perdu de vue que la prospérité ne peut être défendue que par le soldat. L’Allemagne traumatisée par la guerre de 39-45 a peur de la guerre. Nous aussi. Qui serait prêt à se battre pour une civilisation qui se réduit à un bien-être social et politique ? Nous ne voulons entendre parler que de paix et de prospérité. Si légitimes qu’elles soient ces dernières ne sont pas le moyen d’empêcher la guerre. Nous sommes faibles de notre apparente force. Comme l’expose Michel De Jaeghere dans Les derniers jours : La fin de l’empire romain d’Occident, « la pietas avait insufflé aux Romains l’énergie de se perpétuer et de survivre. La fides leur donnait le moyen de ne pas succomber au vertige de la toute-puissance. La chute de l’Empire romain ne tint-elle pas à ce que les Romains se détournèrent de l’une et de l’autre de ces vertus fondatrices ? »

Ne s’agit-il pas très exactement de la situation dans laquelle nous nous trouvons ?

Nous sommes confrontés à un choix difficile : composer avec la barbarie qui frappe à nos portes ou la combattre. Avons-nous encore la capacité et la volonté de nous défendre et, pour cela, de nous battre ? Non… Et pour grimer notre démission, nous refusons de voir derrière ces malheureux immigrants le cheval de Troie de la barbarie de l’État islamique…

Nous vivons dans l’illusion que les valeurs sur lesquelles nous avons voulu fonder la prospérité démocratique de nos républiques modernes et de la Communauté européenne seraient une dissuasion face à la barbarie. Des empires encore plus puissants que nous sont tombés pour les mêmes raisons…

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