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Comment vous dire ? On a du mal à entrer dans le livre, on se dit « c’est un peu caricatural, quand même » et, petit à petit, on se laisse prendre, happer, manger et on ne peut plus le lâcher. C’est l’effet Guérilla. a voulu écrire un roman. Ce n’en est pas un. Un soir, vous lisez quelques pages avant de vous endormir et, le lendemain, vous apprenez Viry-Châtillon, ses policiers attaqués, blessés, brûlés. Vous vous dites : « On y est… »

Parce que dans Guérilla, ça commence comme ça : une descente de dans une cité « sensible ». Qui tourne au drame. Les policiers encerclés sont attaqués. Devant la furie des agresseurs, un agent perd son sang-froid et tire à plusieurs reprises. La cité s’embrase et le pays suit…

Dans la vie « réelle », les policiers perdent rarement leur sang-froid. Jusqu’à présent, du moins. Parce qu’on voit, ces jours-ci, des manifestations nocturnes de quelques-uns d’entre eux qui crient leur ras-le-bol. Et qui revendiquent. Oh, pas seulement des hommes, du matériel supplémentaires, mais de la considération. Parce que le fond du problème est là. Comment être respecté par des petits caïds qu’on arrête et qui sont relâchés le lendemain, parfois le jour-même. Et ça commence très jeune, puisque les mineurs sont certains de leur impunité…

Viry-Châtillon, donc, puis, quelques jours après, Mantes-la-Jolie, où des policiers ont été pris dans un guet-apens. Avant de nouvelles échauffourées dans le quartier du Val-Fourré avec une centaine de jeunes. Oui, une centaine… Déjà, en mai dernier, on assistait, médusés, à l’escalade de la violence envers les forces de l’ordre à l’occasion des manifestations contre la . Rappelez-vous ces deux policiers agressés dans leur voiture, déjà à l’aide d’un cocktail Molotov et qui, heureusement, s’en étaient sortis indemnes. Là encore, on avait salué le sang-froid d’un des deux agents qui avait su rester calme, avant de tourner les talons, face à un jeune excité qui l’attaquait à coups de barre de fer. Il avait même été décoré. Pour n’avoir pas utilisé son arme, pour son sang-froid et, si j’étais mauvaise langue, pour sa des ennuis si, par malheur, il avait riposté un peu trop fort…

Et puis ça continue, les violences contre la police, les médecins du CHU de Tourcoing agressés, le professeur molesté devant ses élèves, cet autre qui se fait casser la mâchoire par un lycéen pour avoir osé lui faire une remarque. Et puis l’interprète du journaliste, dans la jungle de Calais, qui se fait violer par un tandis que deux autres empêchent l’homme qui l’accompagne d’intervenir. Du roman, me direz-vous ? Ah non, là, on est dans le réel. Ce sont les « faits divers » de ces derniers jours. L’ennui, quand on lit Guérilla, c’est qu’on passe du livre à la vraie vie sans plus savoir ce qui relève de la fiction et de la réalité. Parce que les deux se confondent.

Visionnaire, Laurent Obertone ? Tout simplement réaliste. Et ce n’est pas joli… À lire absolument.

20 octobre 2016

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