Pas de chance pour Marisol Touraine, qui aurait pu boucler tranquillement ses valises avec une épidémie de grippette à la Bachelot. Hélas, l’épidémie de grippe, plus sévère que prévue, met en évidence l’amateurisme des autorités pour gérer ce type de situation et les problèmes toujours non résolus, qui réapparaissent avec d’autant plus de force qu’ils sont sous les projecteurs des médias.

Parmi ceux-ci, l’encombrement des services d’urgences, habituel en temps normal, devient catastrophique en période d’épidémie.
Rien d’étonnant à cela : le manque de lits libres en aval et l’absence quasi générale de service de très court séjour qui pourraient servir de « tampon » créent un encombrement au niveau des urgences qui n’arrivent pas évacuer assez rapidement les malades déjà vus. De plus, la fréquentation du service par des populations qui, plutôt que prendre rendez-vous chez un médecin, préfèrent venir à l’hôpital, ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, où la prise en charge est gratuite, aggrave notablement la situation.

Car pour toutes ces pathologies qui ne nécessitent pas a priori d’hospitalisation, la facilité, c’est d’aller aux urgences comme on irait au supermarché, quitte à attendre plusieurs heures ensuite. Question d’éducation, signe des temps : on évite de se prendre en charge, on préfère se faire assister et on va au plus facile.

À la décharge de ces patients, cependant, il faut souligner le manque de disponibilité de beaucoup de médecins libéraux et l’absence de structures relais en ville, capables de traiter toute cette petite pathologie qui n’a normalement rien à faire à l’hôpital.

On ne pourra pas revenir en arrière, les jeunes médecins n’acceptent plus d’être taillables et corvéables à merci comme le furent ceux de la génération précédente, et les agences régionales de santé (ARS) préfèrent subventionner à coups de dizaines de milliers d’euros des maisons médicales de garde, basées sur le volontariat des généralistes (faible) plutôt que de favoriser la mise en place de véritables centres de soins d’urgence en milieu urbain, ouverts sept jours sur sept jusqu’à minuit, qui répondent parfaitement à la nécessité de cette médecine de dépannage (par opposition à la médecine d’écoute et de consultation).

Mais espérer que les administratifs de l’ARS favorisent des structures adaptées à la demande plutôt que de s’obstiner dans des réalisations obsolètes et sans avenir, c’est, semble-t-il, trop demander.

Cette année encore, la grippe fera plusieurs milliers de morts. Contrairement à ce qu’on pourrait penser a priori, ce n’est pas le virus qui est mortel, mais les surinfections qui touchent les populations les plus fragiles, justifiant le recours aux antibiotiques dans ces cas-là.

Quant à la vaccination, à moins d’être autoritairement imposée à tous, elle ne peut assurer qu’une couverture imparfaite et, de toute façon, ne met, hélas, pas à l’abri de tous les autres virus que la mauvaise saison n’a pas fini de faire émerger.

13 janvier 2017

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