C’était le 22 janvier à Paris, puis le 31 dans toute la France. Ce sera ce mardi 12 février 2013 : les enseignants vont de nouveau battre le pavé frisquet en criant « Peillon, t’es foutu, les profs sont dans la rue ! » On l’a déjà dit et on va le redire : ça fait 50 ans que ça dure, 50 ans que la situation empire à mesure que le niveau descend, 50 ans que les syndicats rouges s’engraissent et manipulent des enseignants pris en étau entre des hordes d’élèves de plus en plus barbares et une hiérarchie de plus en plus lâche.

Donc, ce mardi, la CGT, FO, Sud et le SNUipp-FSU ont appelé à une nationale dans les écoles pour protester contre le retour de la semaine de 4 jours et demi dans le primaire à la rentrée de septembre 2013, ou au plus tard en septembre 2014.

Le 15 décembre 2011, puis le 31 janvier 2012, les enseignants défilaient tout pareil, à l’appel des mêmes syndicats, alors contre le « projet de réforme de l’évaluation et de l’avancement des enseignants » que le gouvernement précédent souhaitait mettre en œuvre à la rentrée dernière. Il n’y aura pas eu de promotion au mérite. Les syndicats n’en voulaient pas. Ils ne voulaient pas non plus des heures supplémentaires qui mettaient un peu de beurre dans les épinards des profs (volontaires) en faisant le ménage dans la tête des gamins paumés. La constante, c’est qu’on prend les mêmes et on recommence, d’année en année. Seules changent les banderoles, à peine les slogans.

Un syndicat, cette fois, s’est dit contre la grève. C’est le SE-UNSA qui dénonce : « Cette amalgame tous les sujets et conduit au maintien du statu quo pour l’école et ses enseignants ». Ben oui, c’est d’ailleurs le principe du bougisme : s’agiter pour que rien ne change. Surtout dans l’Éducation nationale, championne du monde de l’agitation stérile.

Interrogés en privé, la majorité des enseignants (non-syndiqués, il est vrai) se disent favorables à la réforme des rythmes scolaires. La semaine de 4 jours est une aberration. Tous, parents, médecins, éducateurs en conviennent : demander à des gamins six heures de concentration quotidienne est une ânerie, pas un moyen d’emmagasiner des savoirs.

La « concertation pour la refondation de l’école » a eu lieu de juillet à octobre 2012. Tout y a participé, syndicats en tête. Le projet de révision des temps scolaires en est issu, réclamé et approuvé par tous, mais à l’heure de passer à sa mise en application, c’est la bronca. « Ce n’est pas la priorité (…) les enseignants préfèrent une revalorisation des salaires et des classes moins chargées », déclarait en janvier le secrétaire général du SNUipp-FSU.
 Aujourd’hui, il chante encore une autre chanson : la réforme est imposée « dans la précipitation »… Et demain, il y aura trop de soleil, ou pas assez de pluie.

Après plus de 64 milliards d’euros affectés en 2013, le budget du ministère de l’Éducation nationale est le premier de l’État. Promesse tenue du nouveau président Hollande : tous les partants seront remplacés et 43 000 postes créés cette année. Autrement dit, des budgets et des personnels en hausse constante depuis des décennies pour des résultats de plus en plus navrants. C’est tout juste si la France se maintient dans la moyenne des 140 pays de l’OCDE. Résultats catastrophiques dénoncés par M. Peillon dimanche matin au micro d’ 1, mais dont il rend responsable… Nicolas Sarkozy ! Faut-il lui rappeler les « 80 % d’une classe d’âge au bac » de son ami Jospin, ou le projet de bac en cinq ans de l’ineffable Lang ?

Mais M. Peillon, qui dénonce « le corporatisme » en privé et le nie avec des cris de goret dès qu’il est en public, est comme tous ses prédécesseurs : il fait dans son froc, tétanisé de trouille devant le mammouth qui l’a porté au pouvoir.

12 février 2013

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