C’est toujours un plaisir de voir quelqu’un accomplir son travail de bonne manière. Un bon curé qui curetonne. Un bon plombier qui plombe. Un bon qui fait de la bonne politique. Et aujourd’hui, à Grenoble, un bon maire écologiste, Éric Piolle, qui, enfin, écologise. Résultat ? Adieu les panneaux publicitaires, pompeusement rebaptisés du vocable de « mobilier urbain », mais qui n’en finissent plus d’enlaidir nos villes.

Les Grenoblois, donc, n’auront plus à supporter ces affiches vantant du tout et du n’importe quoi. Ou, mieux encore, leurs rejetonnes de dernière génération, qui clignotent dans tous les sens, avec animations sur écran plat et clips de réclame destinés à vendre des produits dont personne n’a, finalement, besoin. Publicités d’autant plus vaines qu’elles ne bénéficient qu’aux multinationales ayant les moyens financiers de se payer ce de services.

Chez JCDecaux, le principal intéressé, on fait évidemment grise mine. À en croire Albert Asséraf, directeur de stratégie, d’études et de marketing dans le groupe en question : "Avec la fin de ce contrat, la ville se prive de six millions de redevance sur dix ans, soit 600.000 euros par an. Et prive aussi ses habitants d’un service d’information puisque la moitié des panneaux servaient à de l’affichage de la municipalité."

De son côté, Lucille Lheureux, adjointe en charge des espaces publics, rétorque : "En cas de nouveau contrat, ce n’était que 150.000 euros et non plus 600.000 euros." Perte de 150.000 euros déjà compensée par une baisse du train de vie des élus municipaux… "Si, à cinquante ans, tu n’as pas une Rolex, c’est que tu as raté ta vie", assurait récemment l’indéracinable Jacques Séguéla. Le voilà qui récidive en stigmatisant « un début de dictature ».

Ce type est décidément épatant. Et dans la catégorie ahuris indéracinables, il n’a certes pas dû goûter l’initiative de la nouvelle municipalité consistant à planter des arbres à la place des susdits panneaux à la con ; pour une fois que les Verts font dans l’enracinement durable…

En attendant, bravo. Ou de l’art de dire « merde » au système en cinq autres lettres. En attendant que l’exception devienne enfin règle…

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26 novembre 2014

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