On ne sait, évidemment, si la se sortira du labyrinthe européen où l’ont enfermée, comme tant d’autres, les banksters afin de la livrer rituellement au Minotaure (donne-moi tes plages, donne-moi tes îles, donne-moi tes filles et tes retraites). En évoquant ce beau et si riche symbolisme mythologique, je ne fais que reprendre l’excellent livre de Yánis Varoufákis sur le monstre tératologique américain, pardon sur le « Minotaure global » qui piège la planète et va ouvrir des bases en en profitant du très utile printemps arabe et des indispensables .

L’Occident n’a rien à apprendre aux Grecs, surtout pas la manière dont Athènes organisa la ligue de Délos pour rentabiliser son empire colonial et racketter ses alliés ; Emmanuel Todd y est bien revenu dans son beau livre sur l’Empire – voyez le passage sur le phoros.

Le ministre des Finances grec, Varoufákis, est un individu talentueux et mondialisé, mathématicien, économiste, australien de passeport, professeur à Dallas ou Seattle, conseiller de la boîte de jeux vidéo Valve, écrivain, homme de culture, proche des économistes de gauche américains comme Joseph Stiglitz et Paul Krugman. A-t-il planifié, lui le théoricien des jeux, la crise et le suspense actuel ? A-t-il au moins scénarisé une sortie de l’euro et un rebond grec hors de cette zone poisseuse ? Nous l’espérons pour nos amis grecs, même si nous ne le savons pas. La classe a l’habitude depuis longtemps de se moquer de l’inertie de son électorat : voyez le discours sur la réforme publique de Démosthène, par exemple.

L’exemple grec, pays de la comme on dit, est en tout cas excellent. La Grèce affronte le « Minotaure », l’Europe germano-américaine de Merkel-Obama, inféodée à l’OTAN et promise à la guerre. Actuellement, le seul pays capable d’imiter l’exemple grec est la France (car je ne crois guère aux Podemos espagnols), qui reste contre vents et marées le pays de la résistance souveraine en Europe.

Émanation de l’OTAN (c’est Eisenhower et Dulles qui l’ont créée), l’Europe, qui n’a fait qu’empirer depuis vingt ans, du fait de son développement viral, de son cancer bureaucratique (elle fait penser aux bases américaines qui se rendent indispensables en développant insécurité et risques de guerre), nous tient par la créée par l’euro, et nous affame pour payer cette dette. La dette était de 20 % du PNB en 2002 en Espagne (ce pays, alors, était flamboyant) et elle est maintenant de plus de… 100 %.

Vive l’euro, décidément ; et qu’on cesse d’incriminer le confort petit-bourgeois des retraités et la proverbiale paresse des peuples méditerranéens parce que cet argument inepte des pseudo-libéraux qui passent l’éponge sur la dette américaine est monstrueux.

On souhaite bonne chance à la Grèce et à la France.

30 juin 2015

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