L'acteur a jeté un sort, dans un tour de chant électrique. À coups de « République », à coups de « L'immigration est une chance », le vocabulaire fourbu, dégainé comme un sabre élimé, tournoyant dans le vide. Certes, les yeux magnétiques, espagnols en diable, l'orateur a encore beaucoup promis, jetant au passage quelques miettes pour la populace - revalorisation de dernière minute, baisse d'impôts miraculeuse. De quoi peut-être rassurer une once de pueblo, de calmer deux minutes les blancos.

Dans une sublime mascarade démocratique, au sein d'un Parlement qui ne représente plus la réalité du pays, Valls a survécu logiquement au vote de confiance. Le suspense baudruche entretenu laborieusement par des médias affamés a éclaté. Les rodomontades ridicules de Christian Jacob, lequel a été repris sèchement par le Premier ministre « quand on a gouverné dix ans... », ont donné un peu de piment à la soupe indigente. Mais le public est las de cette démocrassouille tiédasse parfumée au scandale.

269 pour, 244 contre. Score final. Victoire dans un match du premier tour de la compétition mortelle qui attend les arrogants d'en haut. Le prochain match, celui du budget, sera d'une autre tenue, certainement. Les arbitres rangent leur sifflet. Majorité relative, majorité qui fond comme Cahuzac au détecteur de mensonges : Valls avait obtenu 306 voix en avril dernier. Les fraudeurs du PS (pardon : les frondeurs), une trentaine, se sont glorieusement abstenus. Les écolos, unanimement, ont suivi le mouvement avec les communistes. Prolongation du statu quo. On perd un temps fou, mais c'est le jeu.

Valls voit la guillotine électorale en face de lui, au bout du couloir, mais ralentit un peu le pas. Encore quelques mois avant l'inéluctable banqueroute du socialisme. Alors on fait comme si. Pour un temps, les députés de gauche ont sauvé leur siège, le gouvernement demeure en place et la droite évite de se frotter au pouvoir. Ouf ! Le président Hollande pourra survivre jusqu'à sa conférence de presse, en espérant que d'ici là, un nuage assassin ou un Sarko sur le retour ne gâche pas le tableau.

« Le vote de confiance à est un vote de résignation ! » tweete avec raison Claude Goasguen. Résignation d'une nation châtrée, à la souveraineté enfouie, où un coq fier à bras assure encore le spectacle. Pour combien de temps ?

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16 septembre 2014

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