déclarait, le 2 octobre 2014 au journal La Croix : “La entend promouvoir une initiative internationale sur la gestation pour autrui.” Depuis, telle une sœur Anne scrutant l’horizon du haut de sa tour, le quidam déplorait de ne rien voir venir. Plus que quelques jours à trépigner…

N’imaginez pas que le Quai d’Orsay va annoncer un amendement plus contraignant de la CIDE (Convention internationale des droits de l’enfant), ni que la Place Vendôme se prévaudra d’une compétence universelle pour lutter contre cet et réprimer ses donneurs d’ordre. La forme est surprenante, elle vient de l’ : il s’agit d’un simple colloque international qui se tiendra à Paris, au Muséum d’ naturelle, les 17 et 18 novembre. Il est intitulé « La gestation pour autrui : resituer la France dans le monde – Représentations, encadrements, pratiques ». Encore plus surprenant : les personnes qui sont invitées à prendre la parole ou à présider les débats semblent toutes ou presque favorables à la gestation pour autrui, et des opposants, universitaires reconnus, et qui ne dépareraient pas dans de tels cénacles, ne sont pas identifiés comme orateurs – pas de ni d’Aude Mirkovic, pas plus que de Jacques Testart ou de René Frydman ou encore de Catherine Labrusse-Riou, par exemple. Dans le monde universitaire si prompt à s’entre-déchirer pour des carabistouilles, faire l’économie d’un simple désaccord en réunissant un casting qui pue l’entre-soi doit être bien pratique.

Deux questions de béotien se posent :

Organiser un colloque idéologique permet-il à une Sorbonne de grappiller des places au (controversé) classement de Shanghaï, ou est-ce un accélérateur de chute qui, en outre, fait se retourner dans leurs tombes Marie Curie, Thomas d’Aquin ou tant d’autres illustres sorbonnards ?

Ce colloque est-il, tout compte fait, un travail d’agit-prop universitaire visant à promouvoir l’acceptabilité de la dans le temps long ?

Lundi 7 novembre, la Manif pour tous a réagi en dénonçant l’absence d’objectivité de ce colloque, en interpellant les partenaires et en agitant les . La présidente de la région Île-de-France assume de maintenir un soutien décidé par la précédente majorité au nom de la continuité de l’action publique, mais annonce que cela va changer. Plus préoccupant : le président de l’université Panthéon-Assas a découvert le pot au rose : son logo figure parmi ceux des organisateurs, alors qu’il n’a jamais donné son accord.

D’autres initiatives ont été lancées : une pétition demandant l’annulation du colloque a été lancée sur CitizenGO et a rapidement dépassé les 10.000 signatures. Des Sentinelles ont annoncé leur intention de veiller le 16 novembre au soir place de la Sorbonne. Sur les réseaux sociaux, les militants continuent d’interpeller les partenaires et les décideurs publics. Le feuilleton n’est sans doute pas terminé.

Conclusion lapidaire en pastichant madame Agacinski : l’esclavage, on n’étudie pas son acceptabilité, on l’abolit.

12 novembre 2016

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