Editoriaux - Santé - Société - 2 août 2014

GPA : erreur sur la commande…

La commande fut en partie annulée, eu égard à la non-conformité d’un des produits demandés. Ainsi, un garçon issu d’une GPA (gestation pour autrui) et souffrant de trisomie 21 a été remis à sa génitrice, parce que non conforme aux yeux du couple demandeur.

Ainsi, une Thaïlandaise accepta, pour cause de difficultés financières, de porter en soi un enfant qui ne sera pas le sien contre “plus de 10.000 euros” promis après l’accouchement. Mais voilà, tout ne se passe pas comme prévu : enceinte, les médecins découvrirent que la jeune femme portait dans ses entrailles, louées pour l’occasion, des jumeaux : une fille en bonne santé, mais aussi un garçon malade, souffrant du syndrome de Down.

En apprenant la nouvelle, le couple australien fit preuve d’une inhumanité sans nom en demandant à la jeune fille, ni plus ni moins, d’avorter, chose qu’elle refusa pour raisons de croyance religieuse. La jeune femme accoucha donc des deux enfants, mais fut priée par le couple de ne remettre que l’enfant sain et de garder l’autre. Ils repartirent donc seulement avec la fille, laissant derrière eux le garçon à la jeune Thaïlandaise.

Suite à cela, par le biais du quotidien australien Sydney Morning Herald, elle lança un appel à la vigilance : « Ne pensez pas qu’il ne s’agit que d’argent. » Sans doute a-t-elle pris conscience, de par sa participation à cette effroyable aventure, de l’immoralité de celle-ci et de tous les risques et conséquences qui peuvent en résulter. Le summum du consumérisme ici fut atteint. L’argent mêlé à la misère peut créer des ravages.

Cette épopée sordide doit servir d’exemple et constituer, chez les partisans d’une légalisation de la GPA en France, une prise de conscience de la réalité de cette pratique contre-nature et dévastatrice pour l’homme. Cette préhension de liberté au-delà des limites morales doit cesser. La méfiance de beaucoup de Français à l’égard de cette pratique trouve ici tout son sens. Il est  sain et nécessaire de se battre contre ce soi-disant progrès scientifique qui met en péril l’ordre naturel des choses. Forcer la nature, de quelque façon que ce soit, c’est encourir des tragédies, des drames humains, comme c’est le cas ici avec la marchandisation du corps.

Sachons vivre en harmonie avec ce que l’on a, et non avec ce que l’on voudrait avoir.

À lire aussi

Là où l’État recule, les zones de non-droit prospèrent

La Corse n'est pas épargnée par la présence de zones de non-droit où l’État a été chassé p…