Comment faire pour tenir encore deux ans et demi au pouvoir quand la fable qui a servi de programme à François Hollande n’illusionne plus personne et que le Président ne recueille plus que 13 % d’opinions favorables ? Déjà à bout de souffle alors que la mi-mandat approche à peine, l’exécutif tente un dernier coup de poker en piochant allègrement dans le logiciel de la droite, quitte à faire des annonces tapageuses et contre-productives.

Les idées se construisent ou… s’empruntent. Dix ans d’opposition n’auront donc pas suffi au Parti socialiste pour se construire un programme solide, une vision ou « un cap » (expression chère à François Hollande). Deux ans après la prise de pouvoir tant attendue par la gauche, toutes les solutions se sont révélées inefficaces, infaisables, voire mensongères. La solution ? Devenir un gouvernement de droite et entamer une politique que Fillon et Sarkozy n’avaient fait qu’effleurer.

C’est osé, me direz-vous ? Mais après tout, quand un dixième des Français est d’accord avec la politique menée, il y a de la marge pour le changement. Pas celui promis en 2012, mais bon... Le changement, c’est le changement ; ce qu’il y a derrière est secondaire. La recette pour réussir cette mue radicale passe par un nouveau casting, certains diront la nomination d’un « gouvernement de cohérence ». On met un jeune banquier au ministère de l’Économie, on tient des discours pro-entreprises devant le MEDEF et on va même jusqu’à insinuer que les chômeurs sont des profiteurs comme l’a fait (pas assez subtilement) François Rebsamen. Quand on vous dit qu’il suffit d’un rien pour changer d’image…

Bien évidemment, la gauche est outrée. Les frondeurs grognent, mais n’iront pas jusqu’à voter la défiance le 16 septembre prochain. Les députés trahis sont bien « de gauche », mais ils ne veulent surtout pas perdre leur travail à cause d’une dissolution de tous les dangers. Et ces derniers sont nombreux avec un « FN aux portes du pouvoir », dixit notre Premier ministre qui, comme on pouvait s’en douter, n’en finit plus de chuter dans les sondages. Un Front national à quelques encablures de l’Élysée et de Matignon : la faute à qui ?

Les deux années de hollandisme révolutionnaire y ont beaucoup contribué, c’est certain. Le retournement de veste en cours l’explique aussi. Le changement de ton du gouvernement cache, en fait, un manque d’idées. Les hiérarques de la rue de Solférino ont beau chiper les paroles de droite, aucune réforme ne sera portée jusqu’au bout. Prendre les habits de l’UMP et ne rien faire in fine équivaut à un suicide politique. Cette attitude valide également la grille de lecture du Front national qui dénonce depuis plusieurs années le « système UMPS ». Mensonges, compromissions et incompétence. Voilà ce qui porte le FN.

Que faire pour répondre à l’hypothèse Marine Le Pen ? Certainement pas s’appuyer sur un Manuel Valls qui compte sur la « gauche moderne » pour trouver les solutions aux maux français et européens. Le PS n’est pas « moderne », sauf dans sa conception d'une gauche dont les préceptes n'ont rien à envier à... la droite. Ça, oui, c'est neuf. Stupide, mais neuf.

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9 septembre 2014

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