Air Méditerranée a été mis en liquidation judiciaire lundi 15 février par le tribunal de commerce de Tarbes. Le gouvernement remanié a, là, l’occasion de démontrer sa détermination à placer l’emploi comme priorité nationale.

Cette compagnie low cost disparaît alors que ses employés l’ont tenue, dans des conditions souvent inadmissibles, à bout de bras, avec des salaires payés en retard ou incomplets et des rythmes de travail exténuants. Son PDG, en revanche, en créant en la filiale Hermes, pourrait bien avoir accéléré la disparition de la compagnie en vidant Air Méditerranée de sa substance… Quant aux personnels de la compagnie, comme dans toute compagnie aéronautique, ils sont des passionnés et ont tout fait dans les règles de l’art de leur métier pour assurer la de passagers souvent difficiles, tant dans les vols vers le Maghreb que les pèlerinages à La Mecque, ainsi que les charters low cost de voyagistes comme FRAM.

Défendre l’emploi est une volonté, pas une velléité de candidat. Derrière les emplois, il y a des vies qui basculent. Quel ministre commandera une enquête sur la gestion de cette compagnie ? Et quel membre du gouvernement s’est mis au travail, dès lundi soir, pour proposer au Premier ministre des mesures pour ces personnels floués par une gestion qui pose question.

Parmi ces mesures, et l’État étant pour 17 % actionnaire d’Air France, pourquoi ne pas proposer que les personnels d’Air Méditerranée soient reclassés dans notre compagnie nationale ou ses filiales plutôt que les inscrire aux Assedic ? Quant aux personnels au sol, ils pourraient avantageusement remplacer les nombreux « fichés S » des Aéroports de Paris… Les créneaux de vol, aussi, pourraient être récupérés, certains étant très intéressants pour les reconduites à la frontière. Et les syndicats d’Air France pourraient se montrer solidaires d’une entreprise française qui a honoré les vols dont Air France ne voulait pas quand l’aéronautique commerciale pouvait faire la fine bouche.

Bref, voilà des gens formés et disponibles qui vont aller grossir les rangs de chômeurs. J’ose espérer que les membres des cabinets ministériels multipliés par le dernier sauront rédiger une note à leur ministre pour que ces personnes retrouvent leurs ailes au lieu de pointer au chômage…

Chercher les emplois avec les dents, voilà qui devrait être la priorité du gouvernement !

17 février 2016

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