Discours - Editoriaux - Justice - Politique - Table - 29 mars 2017

Le général Soubelet se retire !

Alors qu’au sein de la chapelle En Marche ! Macron n’en finit pas de célébrer les mariages entre carpes et lapins, l’un de ceux qui l’avait récemment rejoint vient de se démettre. En effet, le général de gendarmerie Bertrand Soubelet, qui avait défrayé la chronique en 2013 puis en 2016 en critiquant, d’abord verbalement, puis par livre interposé, la politique pénale du gouvernement Hollande, vient de faire savoir à l’ancien ministre de l’Économie, qu’il “se mettait en retrait”.

Dans le courrier qu’il a adressé au candidat à la présidentielle, le général Soubelet écrit notamment : “J’avais besoin de voir qu’une nouvelle façon de faire de la politique était en train de naître […] Les ralliements successifs tous azimuts et symboliques à bien des égards, à commencer par ceux de l’actuel gouvernement, ne correspondent pas à ma conception du changement.”

Si on ne peut que reconnaître à ce général un certain courage, celui d’avoir dit en son temps, alors qu’en qualité de directeur des opérations et de l’emploi de la gendarmerie nationale (3e poste le plus important de l’arme), il déposait devant une commission parlementaire, tout le “bien” qu’il pensait de la politique pénale de madame Taubira, force est de constater qu’il est aussi un grand naïf.

Son ralliement à Macron, il y quelques mois, avait déjà fait jaser. En effet, rejoindre celui qui avait été un des piliers du gouvernement Valls, le même qui l’avait d’abord muté outre-mer pour ses déclarations devant les députés, et ensuite mis “hors cadre”, après la publication de son livre, Tout ce qu’il ne faut pas dire. Insécurité, justice : un général de gendarmerie ose la vérité, n’était pas sans poser un certain nombre de questions. D’autant que – et ça ne s’est pas amélioré depuis – la vision macronienne de la sécurité et de la justice n’annonçait rien qui soit en mesure de rassurer le général contestataire. Mais sans doute la démarche du franc-tireur Macron vis-à-vis du gouvernement auquel, pourtant, il appartenait, avait-elle séduit le militaire mis à l’index.

C’est donc de haut que Bertrand Soubelet est vraisemblablement tombé ces derniers jours, au fur et à mesure qu’il a vu ses anciens chefs (Le Drian en tête) rejoindre le chouchou des sondages. Il a, à cette occasion, certainement compris l’énorme escroquerie politique que constitue l’entreprise En Marche ! et découvert le véritable visage d’un Macron, taupe socialiste dissimulée derrière un discours abscons et mensonger “ni de droite ni de gauche”.

Et oui, les valeurs militaires n’ont rien à voir avec celles de nos politiques. Alors que les premières sont faites d’honneur, de loyauté, de désintéressement et d’engagement, les seconds cultivent trop souvent l’ambiguïté, le reniement et la cupidité. Mais il n’est jamais trop tard pour apprendre !

Il reste à espérer que cette prise de conscience d’un ancien haut responsable de la gendarmerie en entraînera d’autres. Chaque jour qui passe révèle, en effet, les dessous d’une entreprise politico-médiatique, simplement destinée à tromper les Français sur les véritables buts poursuivis par une classe politique qui se refuse à lâcher le pouvoir. Fort heureusement, attirés par les ors de la République comme les insectes le sont par la lumière, les hiérarques socialistes se dévoilent peu à peu. Le doute n’est ainsi plus permis. C’est donc en solitaire que le général Soubelet ira affronter le suffrage populaire dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, et c’est tant mieux, car il vaut mieux être seul que mal accompagné.

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