Le 20 août dernier à Nantes, Céleste, 15 ans, a été violée et tuée par un prédateur sexuel multirécidiviste, qui aurait dû être en prison au moment des faits.

Le général (2s) Philippe Schmitt, qui a perdu sa fille Anne-Lorraine dans des circonstances similaires, réagit au micro de Boulevard Voltaire et s’élève contre « l’irresponsabilité pénale ».

 

La France a été sous le choc devant le viol et le meurtre de cette adolescente. Le profil du meurtrier a en plus ravivé la colère des Français. Il s’agissait d’un multirécidiviste de 45 ans qui aurait dû être en prison au moment des faits. Votre fille Anne-Lorraine a été tuée de la même manière il y a dix ans par le même profil. Comment avez-vous réagi en entendant ce fait divers ?

J’ai ressenti une très profonde tristesse. C’était une jeune adolescente qui ne demandait qu’à vivre. Malheureusement pour elle, elle s’est retrouvée sur le chemin de ce prédateur. Je pense beaucoup à la famille et m’associe à sa peine. Je sais ce qu’elle ressent, je comprends la douleur qui doit être la sienne et je la partage totalement.
Mon deuxième sentiment est une très profonde colère. Une fois de plus et délibérément, on a mis en danger quelqu’un en toute irresponsabilité morale et surtout en toute irresponsabilité pénale.

Vous êtes le père d’une victime. Vous vous étiez engagé pendant des années sur ce sujet-là. En France depuis quelques années, on a l’impression qu’un laxisme judiciaire très violent sévit. Les victimes sont finalement oubliées. Est-ce votre sentiment ?

On ne prend pas en compte la dangerosité de ce genre de type. À partir du moment où ces gens-là sont arrêtés et incarcérés, la question qui prime c’est « quand vont-ils sortir ? »
On peut soi-disant les réinsérer, mais cela me paraît extrêmement prétentieux de la part de la société. Une fois de plus, cela pose le problème du profil de ces individus. Tous les psychiatres que j’ai rencontrés reconnaissent que ce sont des simulateurs et qu’ils sont capables de tromper à la fois en prison et après la prison. On le sait, et en connaissance de cause on prend le risque.
Ce gars-là n’aurait jamais dû être en liberté puisqu’il avait été puni d’une peine. Cela remet donc en cause une fois de plus tout le système de réduction de peine qui existe en France. Je trouve cela scandaleux. Je suis vraiment en colère et scandalisé de la bonne conscience du procureur adjoint de Nantes qui a osé dire que c’était un échec pour la société. Non, monsieur le procureur «  c’est votre échec ». C’est un échec de l’institution judiciaire et non un échec pour la société. Votre institution joue avec la vie d’autrui. Elle a perdu, elle doit rendre des comptes.

Ce n’est apparemment pas l’avis du Garde des sceaux. Il a déclaré qu’il ne tolérerait pas d’entendre dire que la justice française ne fait pas son boulot…

Ce n’est pas très sérieux. Je pense que la déclaration du Garde des sceaux est particulièrement indécente vis-à-vis des victimes et de leurs parents. Il n’aurait jamais dû s’exprimer ainsi.

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