"Il n'est pas un bon Français qui n'acclame la victoire de la Russie."

Nos élites veulent leur guerre contre la Russie pour faire plaisir à Washington et à Berlin. On leur souhaite tout le bonheur possible.

Le 20 juin 1942, de son micro à Londres, le Général se lâche :

"Pour l'Allemagne, la guerre à l'Est, ce n'est plus aujourd'hui que cimetières sous la neige, lamentables trains de blessés, mort subite de généraux. Certes, on ne saurait penser que c'en soit fini de la puissance militaire de l'ennemi. Mais celui-ci vient, sans aucun doute possible, d'essuyer l'un des plus grands échecs que l'Histoire ait enregistrés."

Et il reprend le flambeau de la russophilie française, en célébrant la vertu russe :

"Tandis que chancellent la force et le prestige allemands, on voit monter au zénith l'astre de la puissance russe. Le monde constate que ce peuple de 175 millions d'hommes et digne d’être grand parce qu'il sait combattre, c'est-à-dire souffrir et frapper, qu'il s'est élevé, armé, organisé lui-même et que les pires épreuves n'ébranlent pas sa cohésion. C'est avec enthousiasme que le peuple français salue les succès et l'ascension du peuple russe."

Toujours stratège, le Général attend un rôle russe dans le futur, rôle d’équilibrant et de modérateur :

"Dans l'ordre politique l'apparition certaine de la Russie au premier rang des vainqueurs de demain apporte à l'Europe et au monde une garantie d'équilibre dont aucune Puissance n'a, autant que la France, de bonnes raisons de se féliciter. Pour le malheur général, trop souvent depuis des siècles l'alliance franco-russe fut empêchée ou contrecarrée par l'intrigue ou l'incompréhension. Elle n'en demeure pas moins une nécessité que l'on voit apparaître à chaque tournant de l'Histoire."

Le 30 juin 1966, le Général est en visite à Moscou et cela donne ce grand flot gaullien de paroles :

"La visite que j'achève de faire à votre pays c'est une visite que la France de toujours rend à la Russie de toujours. Depuis les temps très lointains où naquirent nos deux nations, elles n'ont jamais cessé d'éprouver l'une pour l'autre un intérêt et un attrait tout à fait particuliers. En France, les Russes ont toujours été très populaires."

Le Général veut, bien sûr, limiter le pouvoir américain en Europe et dans le monde. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne célébrait pas le débarquement du 6 juin qui préludait à une occupation et à une éprouvante et irréelle inféodation de la France - via l’AMGOT.

Enfin, il ajoute dans son discours ce point essentiel sur l’unité européenne :

"Il s'agit aussi de mettre en œuvre successivement : la détente, l'entente et la coopération dans notre Europe tout entière, afin qu'elle se donne à elle-même sa propre sécurité après tant de combats, de ruines et de déchirements. Il s'agit, par là, de faire en sorte que notre Ancien Continent, uni et non plus divisé, reprenne le rôle capital qui lui revient, pour l'équilibre, le progrès et la paix de l'univers."

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18 juillet 2015

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