Céline Pina, élue socialiste du Val-d’Oise, s’est fait connaître lors de l’affaire du salon salafiste de Pontoise. Menacée d’exclusion pour ses positions anti-islamistes, elle a accordé un entretien à Causeur où elle déclare : “Face à l’islamisme, l’appareil du PS est dans le déni.”

Qu’est-ce que le déni ? C’est la négation d’une réalité qui dérange, une défense psychologique contre un environnement traumatisant. C’est le reproche fait à l’oligarchie depuis 40 ans. Dénis sur les abandons de souveraineté, l’immigration-remplacement, la précarité, l’insécurité, le déclin. Avec l’islam, ce ne serait qu’un déni de plus. 

Le système l’RPS répond que ce n’est qu’un sentiment, une erreur de perception, chez nous autres manants et pauvres sans-dents. Nous croyons que la délinquance augmente, que le niveau de l’école dégringole, que la “France est envahie”, mais cela est faux, dixit Hollande accusant les “manipulateurs” auxquels, idiots que nous sommes, nous croyons bêtement. Blaise Pascal avait déjà tout dit sur les demi-savants. Dans les trois niveaux de connaissance, la plus immédiate rejoint celle des vrais savants. Les demi-habiles nous font la leçon et ils se trompent.

Le déni tient à l’européanisme (béat) et au mondialisme (heureux) des élites, sous les auspices d’un libéralisme se riant des nations, ayant succédé aux grandes idéologies criminelles du siècle passé comme horizon politique dans une culture judéo-chrétienne obsédée par la perspective messianique. Les mêmes qui se sont abandonnés aux sirènes gauchistes communient dans le culte de l’individu et du marché !

Dans l’ADN de la gauche, il y a la défense des laissés-pour-compte dans une vision manichéenne du monde, au travers des figures du prolétaire marxiste, du colonisé sartrien, du dominé bourdieusien. Le mahométan est la dernière figure de l’opprimé pour le bobo parisien. Sentiment sincère, chez un Todd, fustigeant l’esprit Charlie contre Mahomet, “personnage central d’un groupe faible et discriminé” ou une Florence Aubenas, grande journaliste de terrain, appelant la France à “reconnaître sa part d’arabité”

La droite charitable avait ses nécessiteux aux porches des églises, la gauche de patronage a ses miséreux qu’elle chérit comme la pupille de ses yeux. Elle y puise sa légitimité. Et de vénérer les djeunes, les sans-papiers, les prisonniers, les immigrés, les réfugiés. Et les mahométans qui les incarnent tous en même temps ! 

Juppé nous sert le même catéchisme pleurnichard : “Les valeurs chrétiennes, c’est l’amour du prochain, l’accueil de l’étranger, le respect de l’autre, l’attention portée au plus petit, au plus faible, au plus pauvre.” Au secours, Chesterton ! Comme le Coran, il a dû lire la Bible en diagonale, notre Nestor de Moulinsart, et l’histoire de l’Europe en méthode accélérée !

La gauche de patronage est mue par la moraline et les bons sentiments, et aussi par la condescendance des clercs, belles âmes des bien-pensants et du parti dévot ! En face, il y a le parti du réel et du parler-vrai, dans lequel le peuple confronté à la réalité se reconnaît. Des idéalistes, il en faut. Mais à l’ère du narcissisme, les idéalistes donnant leur vie à Dieu, à leur pays ou à une cause noble ne sont plus légion. L’idéalisme, c’est comme la sainteté : beaucoup d’appelés, autant de frelatés, et peu d’élus. 

17 octobre 2015

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