Des gardiens du centre de détention de Muret, dans la banlieue de Toulouse, viennent de se mettre en congé maladie pour burn out, tandis que de nouveaux parloirs ont été installés et que des unités de vie familiale sont prévues pour septembre, avec pour conséquence la nécessité de disposer de personnel supplémentaire.

Or, l’établissement compte moins de 170 agents pour 650 détenus, tous condamnés à des peines supérieures à trois ans, nombre qui semble largement insuffisant dans le contexte actuel. Le centre est déjà à « moins treize agents », selon Laurens Maffre, du syndicat UFAP, qui s’exprime au nom de l’intersyndicale.

Depuis plusieurs mois, le personnel multiplie les heures supplémentaires, jusqu’à quatre-vingts pour certains agents. “Les gars n’en peuvent plus. Ils ont des difficultés dans leur vie familiale. Ils sont en situation de burn out”, témoigne un gardien et syndicaliste souhaitant préserver l’anonymat.

Les gardiens semblent être aujourd’hui les grands oubliés du monde . Leur rôle est pourtant essentiel alors que les centres de détention voient pénétrer en leur sein les réalités anxiogènes du monde extérieur, dont la radicalisation islamiste.

Au contraire, les détenus se voient octroyer un nombre croissant de droits et, si l’on doit veiller à ce que les soient des lieux où il est décent de purger une peine, elles ne doivent en aucun cas devenir des endroits où il fait bon séjourner (et retourner).

Ailleurs en , le problème est identique. En , le projet de rationalisation du ministre de la Koen Geens avait soulevé, il y a quelques mois, une levée de boucliers, alors que la surpopulation carcérale pose de nombreuses questions. Depuis, le service public fédéral Justice a ouvert une nouvelle procédure de recrutement pour 245 postes de gardiens de prison.

Pour rappel, , durant la campagne, avait promis 15.000 nouvelles places de prison et l’exécution de toutes les peines. De surcroît, le nouveau Président préconise la construction d’établissements à taille humaine permettant davantage d’activités pour les détenus et plus d’encellulement individuel. Très peu, en revanche, pour les gardiens de prison.

11 juin 2017

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