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Editoriaux - Histoire - 9 avril 2013

Gad et Charlotte : Monaco ne fait plus rêver…

Gad et Charlotte, comme dirait l’autre, c’est du sérieux. Charlotte Casiraghi et Gad Elmaleh ont « officialisé leur amour » au glamourissime Bal de la Rose de la Principauté.

Une inquiétude me taraude : ma grand-mère va-t-elle réussir à surmonter cette nouvelle épreuve ?

Vous ne connaissez pas ma grand-mère. Abonnée à Point de Vue depuis peu ou prou le sacre d’Élisabeth II, elle conserve pieusement toute sa collec’ dans ses cabinets, sur une étagère juste au-dessus de la chasse d’eau. Des cabinets qui, de ce fait, les jours de réunion familiale, sont aussi embouteillés que le triangle de Rocquencourt un matin de grand départ. Car sur le trône, petits et grands s’attardent à contempler rêveusement les clichés sur papier glacé d’autres trônes.

Mais attention, ne vous méprenez pas. Dans le tas ne se glisse aucun Voici ni Closer. Dans les cabinets de ma grand-mère, les torchons ne frayent pas avec les serviettes. Le cache-cœur de Nabila ou le string de Riberi n’y ont aucune place.

Mais justement. Voilà que, depuis quelques années, ma grand-mère menace de résilier son abonnement. C’est qu’elle ne décolère pas : cette façon qu’ont les têtes couronnées modernes de revendiquer leur droit à mener une vie sentimentale de caissière et à épouser le premier venu. Et papa roi et maman reine accueillent avec une bonhomie toute bourgeoise, qui une esthéticienne pour bru, qui un joueur de handball pour gendre. Non qu’elles ne soient pas mignonnes, les petites Mette-Marit (ancienne toxicomane et mère célibataire) et Kate (fille de détaillants de farces, attrapes et déguisements coquins). Mais voilà : un prince qui épouse une bergère, c’est un conte de fées, tous les princes qui épousent des bergères, cela finit par être un problème. Doivent-elles se retourner dans leur tombe, les filles de Louis XV, Mesdames Victoire, Adélaïde et Sophie – pas plus moches que d’autres à en croire les portraits de Nattier – restées célibataires faute d’avoir trouvé parti à leur mesure ? C’est que, aujourd’hui, la vie des familles royales relève plus de Desperate Housewives que d’un bouquin de Georges Bordonove.

Et imaginer Gad Elmaleh saluant gracieusement de la main la foule en liesse à la fenêtre du palais, c’est un peu, sans jeu de mots, le coup de grâce. Même si, allez grand-mère, il faut voir les choses du bon côté. Monaco — qui, disons-le, n’a jamais été qu’une principauté d’opérette — changerait à peine de registre : après La Main au collet, La Vérité si je mens. Tant pis, hein, si Gad Elmaleh a le fond de l’œil moins frais et le profil un peu moins pur que l’aïeule. Et puis cet homme-là est réputé tellement drôle ! Peut-être arrivera-t-il à faire enfin sourire tonton Albert, toujours perdu et tristounet comme s’il venait de rater une marche.

Un fait frappant, dans cette idylle princière, est la joie bruyante de Jamel Debbouze, le grand camarade de Gad. Depuis le début, il ne cesse de multiplier les allusions plus ou moins finaudes, comme par exemple à Marrakech, en juin dernier, lors du Festival du rire. Jusqu’à d’ailleurs, paraît-il, indisposer l’intéressé. De là à penser que tout cela lui ouvre des horizons… Il y a d’autres petites princesses sur le marché. En Espagne, par exemple. Un peu jeunettes, bien sûr, mais avec un peu de patience… Cette fois, c’est Isabelle la Catholique qui doit faire des sauts de carpe six pieds sous terre.

On attend avec impatience le happy end de ce beau conte de fées monégasque. Ils se marièrent et ils eurent beaucoup d’argent ? Ma grand-mère n’a pas tort : les histoires de princesses, ce n’est plus du tout ce que c’était.

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