Editoriaux - Médias - Politique - 28 juin 2016

Fresque anti-police de Grenoble : l’aveu naïf ?

Le Landernau virtuel des réseaux sociaux est secoué d’une petite tempête causée par une fresque où sont représentés deux CRS qui molestent une Marianne à terre censée figurer la liberté. Les deniers publics de Grenoble auraient financé cette œuvre, d’où une vindicte électronique à l’encontre de son édile. Mais où est le scandale ?

Les manifestants de la Manif pour tous, les Veilleurs, les Mères veilleuses, les Sentinelles le savent bien : la police a bafoué sans aucun scrupule les libertés qu’elle était censée protéger. La loi renseignement votée lors de cette législature et l’état d’urgence à rallonge mettent des policiers sans réel contrôle probant en capacité de violer nos libertés individuelles les plus essentielles et les plus intimes. Oui, les forces de l’ordre attentent à nos libertés ; c’est devenu, en quelque sorte, leur droit. La fresque ne ment pas.

Est-ce le financement qui pose problème ? Il est difficile de s’ériger contre la censure a priori, l’expression artistique peut être (heureusement !) subversive et tout au plus est-il paradoxal de voir une subversion subventionnée par de l’argent public. Principe de subsidiarité, c’est sans doute aux Grenoblois de déterminer s’ils trouvent l’argent public bien ou mal employé avec cette fresque.

Ou alors le scandale ne résiderait-il pas dans ce que nous ne voyons pas sur cette fresque ? Il y a la victime et ceux qui tapent sur elle, mais ne sont pas représentés tous ceux qui instrumentalisent les policiers qui ne sont que des agents de cette violence. Il y a, bien sûr, le pouvoir exécutif, issu du monde politique et dont la tentation totalitaire n’est plus à démontrer (gauche ou droite). Il y a des hauts fonctionnaires, ces petits marquis de notre régime où la veulerie courtisane a droit de cité. Il y a les médias officiels, univoques et soumis, qui bêleront « liberté » sans lever le petit doigt pour elle. Il y a aussi les leaders de la « bien-pensance » idéologique, tel cet Eolas qui incitait les policiers à se servir d’armes à feu lors d’une manifestation pacifique de 2013 dont le mot d’ordre avait l’heur de lui déplaire. Eux violent nos libertés, mais en col blanc.

« Un gendarme, ça obéit aux ordres », me disait mon père, qui y connaissait quelque chose. Ceux qui donnent les ordres ne sont pas sur la fresque ? Nous avons le devoir de savoir qu’ils existent, qui ils sont, et de lutter contre eux, si nous aspirons à préserver nos libertés. Mais prenons bien garde à ne pas faire des gendarmes et des policiers des boucs émissaires de notre ressentiment. René Girard nous l’a dit maintes fois : les boucs émissaires sont innocents.

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