Dans un week-end dominé par le premier tour de la primaire de la et du centre, la du dernier des « Frères Jacques », Paul Tourenne, dans la nuit de samedi à dimanche, est passée inaperçue. Les plus anciens d’entre nous se souviennent de ce quatuor français, composé d’André Bellec, Georges Bellec, François Soubeyran et Paul Tourenne, qui s’était créé au lendemain de la .

La tenue de scène qu’ils avaient adoptée – leurs collants noirs, leur justaucorps ou leur gilet, leurs gants, leur chapeau haut-de-forme, leur moustache –, avec laquelle ils chantaient, dansaient et mimaient leurs textes, reste dans nos mémoires. Nostalgie ! Nostalgie ! direz-vous ? Non ! C’étaient de vrais artistes, à la fois des « comédiens », des « musiciens », des « magiciens », comme le chante .

Ils chantaient les auteurs de l’époque, rebelles et insoumis – Boris Vian, Jacques Prévert et Joseph Kosma, Stéphane Golmann, Francis Blanche, Raymond Queneau -, des chansons paillardes de carabins ou des parodies de musique classique comme La Truite de Schubert, sans compter leurs propres écrits. Toujours avec l’ironie qui sait critiquer en amusant, l’humour qui permet de prendre de la distance, le raffinement dans la légèreté, ce supplément d’ qui pardonne tout.

Pourquoi en reparler aujourd’hui ? C’étaient, certes, de grands artistes, dira-t-on, comme (chacun dans son style) Georges Brassens, Jacques Brel, Gilbert Bécaud, d’autres encore. Mais ils ont fait leur temps, laissons la place aux nouvelles générations ! Oui, mais il n’est pas sûr, malgré leur talent, que les chanteurs ou les humoristes contemporains réunissent les mêmes qualités.

Les Frères Jacques ont laissé des chansons qu’on aime encore entendre et revoir dans des enregistrements. Ils ont produit des œuvres « classiques », au sens esthétique du terme, c’est-à-dire des œuvres qui dépassent les limites du temps et de l’espace, qui trouvent, à chaque époque, leur actualité, qui méritent de faire partie de notre patrimoine.

Dans ce monde troublé qui nous entoure, écoutons, pour retrouver la simplicité et le naturel de la vie, pour rire d’un rire revigorant, pour respirer un peu d’air pur, les chansons des Frères Jacques, sociales, fantaisistes, finement contestataires, tout simplement attachantes : “C’que c’est beau la photographie”, “Deux escargots s’en vont à l’enterrement”, “En sortant de l’école”, “La Violoncelliste”, “L’Entrecôte”, “La aux papillons”, “La Confiture”, sans oublier “Les Spermatozoïdes” et leur course à la vie ou “La Queue du chat”…

Frères Jacques, dormez-vous ? Non. Ils sommeillent. Ils sont prêts à se lever pour nous divertir. Ils sont toujours vivants.

21 novembre 2016

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