Editoriaux - Education - Société - 1 avril 2019

Frédérique Vidal annonce un « plan contre les LGBTphobies à l’université » : rien d’autre à faire, Madame le Ministre ?

Le magazine Têtu promet à ses lecteurs « la crème de l’actualité LGBT ». Ce 29 mars, il leur a même offert une interview exclusive de la crème des ministres inclusifs du moment, Frédérique Vidal. Le journaliste nous la montre « installée dans un des fauteuils bleus du salon de son ministère ». Une couleur sans doute hautement symbolique. Peut-être une preuve que Frédérique Vidal trouve le rose trop genré ? Mais c’est surtout « son plan de lutte contre les discriminations envers les personnes LGBT+ » qui intéresse le magazine. Plan hautement symbolique, lui aussi.

« Je veux, explique le ministre, faire en sorte que l’utilisation du prénom d’usage [choisi par les trans pendant leur transition, NDLR] devienne un droit […]. Il faut que chaque personne puisse utiliser le prénom qu’elle souhaite sur les listes d’appel et d’examen, ainsi que sur les cartes étudiantes. » Exit, donc, le prénom officiel obligatoire dans les documents administratifs. “Toute personne”, c’est-à-dire aussi les cisgenres obstinés. Et, si on peut choisir son prénom, pourquoi pas son nom ? Après tout, le patronyme (ou le matronyme) est une tradition ringarde, bonne pour une société archaïque où l’individu s’inscrivait bêtement dans une lignée. Exit, donc, le nom de famille. Bientôt, les universitaires pourraient se retrouver à interroger des centaines d’étudiant.e.s nommé.e.s Kylian Mbappé et autant de Nabilla Benattia. Beau bazar en perspective !

En attendant, seules « une quinzaine d’universités reconnaissent déjà le prénom d’usage » et il faut maintenant que son utilisation « devienne un droit dans l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur ». Le journaliste est méfiant : « Au-delà des effets d’annonce, comment s’assurer que ces mesures seront bien mises en place ? » Le ministre le rassure : « Je porterai une attention particulière à l’exécution. Lorsqu’il y aura des difficultés […], il faudra comprendre d’où elles viennent et les lever. » Les éventuels récalcitrants seront ainsi mis au pas et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes inclusifs.

Il est vrai que cela part d’un bon sentiment : « faire en sorte qu’il n’y ait pas de rupture d’égalité et de discriminations dans la République ». Nos ministres de l’Éducation nationale y sont, paraît-il, « très attachés ». Vraiment ? Il est impensable, pour le ministère, d’obliger un étudiant transgenre de dix-huit ou vingt ans à aller étudier dans une des universités qui acceptent de l’inscrire sous le prénom qu’il s’est choisi. Mais qu’un lycéen de seize ans ne trouve l’enseignement de spécialité qui l’intéresse qu’à cinquante ou cent kilomètres de chez lui ne semble poser aucun problème au gouvernement. Il est vrai qu’ouvrir des options coûte cher ; écrire un prénom au lieu d’un autre, pas un kopek.

Les lobbies LGBT+ ne se paient pourtant pas de mots. Pour leur complaire, les mesures symboliques ne suffisent pas, ils exigent du sonnant et du trébuchant. Aussi Frédérique Vidal se vante-t-elle de ce que, « pour la première fois, le ministère de l’Enseignement supérieur va soutenir financièrement plusieurs associations (Le Refuge, SOS Homophobie, le centre LGBT de Paris) [et] demander au CNOUS et aux CROUS de mettre à disposition des chambres dans les cités universitaires, partout en France, au profit de l’association Le Refuge ». Et tant pis pour les contribuables qui ne jugent pas prioritaire la cause des transgenres (et autres LBG+). Madame Vidal, elle, y est particulièrement sensible car elle a « eu l’occasion, dans [sa] vie précédente (sic), d’accompagner des étudiants en transition ». Beaucoup plus sensible, manifestement, qu’aux piètres résultats de l’université française, toujours à la traîne dans le classement Shanghaï. Un exemple, au hasard : celle de Nice-Sophia-Antipolis est sortie du top 500 en 2018. De 2012 à 2017, son président fut une certaine… Frédérique Vidal. Mais cela, c’était dans une vie précédente. Maintenant, elle est ministre. De quoi, déjà ?

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