Comme il y a des « fils de », il y a des « neveu de », et le plus célèbre de nos contemporains est sans doute ! Difficile pour lui de se faire un prénom, et même si personne ne conteste le talent de l’ancien animateur et producteur de télévision qu’il fut, on ne peut s’empêcher de se demander si, portant un autre nom, il aurait été ministre de la Culture et de la Communication jusqu’en 2011.

Qu’à cela ne tienne, si ce n’est à son seul talent ou à son patronyme, il y en aura sans doute pour considérer qu’une telle réussite doit surtout à ses mœurs, longtemps dénommées « particulières » avant qu’elles ne soient si envahissantes médiatiquement… Ce que la lecture de son dernier livre, La Récréation (Robert Laffont), finirait stupidement par laisser penser !

Pourquoi donc « Youpi » ou « Fredo », comme l’appellent ses proches, rappelle-t-il « qu’il en est » avec une obsession devenant suspecte, alors que tant d’autres, même encore aujourd’hui, évitent même que cela se devine ?

Caution de gauche et culturelle de , son expérience au gouvernement, telle qu’il la conte, ne peut que laisser le lecteur désappointé. Les journalistes qui se sont jetés sur les bonnes feuilles pour appâter leur lecteur en sont d’ailleurs pour leurs frais d’audimat.

« Frédéric Mitterrand déshabille la Sarkozie », sous-titre l’hebdomadaire Le Point après avoir annoncé à la une : « La bombe de Frédéric Mitterrand »… Un strip-tease bien tristoune pour un pétard plus mouillé encore. Que raconte donc « Frédo » ? Jeune bizut du gouvernement, il doit apprendre les us et coutumes de sa fonction, gentiment raillé par les plus anciens… La belle affaire ! Quelques lignes qui font tout au plus sourire…

Là où le sourire se fige, où le lecteur même en devient gêné, c’est qu’il ne semble penser qu’à « ça ». De la « beauté physique de François Fillon dont personne ne parle jamais » (on se demande bien pourquoi, en effet !) à cet « allumeur de Laurent Wauquiez » qui lui fait passer des petits mots moqueurs en plein Conseil des ministres parce qu’à l’évidence, on s’y emmerde à cent sous de l’heure, tout lui est bon pour imaginer étreintes, galipettes et mignardises…

La culture ? La politique ? Sur la première, pas grand-chose, sur la seconde, des vacheries attendues des uns sur les autres : la corpulence de Roselyne Bachelot, le mépris du président pour son Premier ministre ou l’hypocrisie d’un Claude Guéant qui, faute de n’avoir qu’un seul « Noir de service », ne peut remplacer Jacques Martial, d’origine guadeloupéenne, à la présidence de la Villette…

Tout de même, quand il écrit de Marine Le Pen (sans lui en tenir rigueur plus que cela – au moins, elle, a-t-elle lu son livre, a-t-il dû penser) qu’elle a « levé un beau lièvre » avec ses escapades amoureuses à Bangkok, ou quand il dédouane de tout antisémitisme l’ancien conseiller de l’Élysée Patrick Buisson – dont la personnalité l’intrigue –, on se dit qu’il n’est peut-être pas toujours si futile qu’il veut bien le laisser paraître.

Une futilité qui l’aide peut-être néanmoins à supporter sa condition d’éternel mouton noir du sexe…

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