Les deux hommes ont comme un faux air de famille avec leurs visages rondouillards, leurs paupières supérieures lourdes et leurs nez légèrement saillants. Tous les deux ont un aspect fort bonhomme, un physique de Français trop moyens, de braves types un peu niais, de coqs devenu chapons.

Ils sont pourtant le visage de la France puisqu’ils occupent la fonction symbolique suprême. Ils sont les pères de la nation, mais des pères aux caractères hésitants, des pères dépassés par les enjeux de leur temps, par la dette colossale que leur a transmise leurs prédécesseurs ; ce sont des pères un peu perdus, des maris un peu perdus aussi.

Les points communs s’arrêtent là, car les deux figures sont radicalement différentes. Louis XVI n’avait pas désiré le pouvoir suprême, il en avait hérité malgré lui, en raison du décès de ses aînés ; l’exercice du pouvoir relevant du devoir envers la France et envers Dieu, il l’avait assumé tant bien que mal. François Hollande, lui, qui ne croit pourtant ni en Dieu ni en la France, a consacré l’essentiel de son existence à cette quête du pouvoir, témoignant en la matière d’un remarquable sens tactique qui faisait probablement défaut à Louis XVI ; s’il l’assume mal, il ne peut pas prétendre que c’est le sens du devoir qui l’a conduit là.

Autre différence majeure : Louis XVI, en tant que roi de France, détenait une puissante autorité effective. S’il avait décidé de faire couler le sang pour stopper le processus révolutionnaire, personne n’aurait eu la légitimité de le lui reprocher. C’est donc bien sa bonté – ou sa pusillanimité – qui lui a coûté sa tête. François Hollande, à l’inverse, est un chef d’État de pacotille, corseté par les commissaires bruxellois, les ambassadeurs américains ou saoudiens, les créanciers de la nation, les traités internationaux, la caste médiatique et la bien-pensance de gauche ; et pourtant, à l’image de son modèle Mitterrand, il n’hésite pas à placer ses hommes à tous les postes clés de l’État ou à intimider les opposants et les mécontents. Il réussit l’exploit d’abuser d’un pouvoir inexistant.

Leur relation avec le peuple est également antagoniste. La lecture des cahiers de doléances montre qu’en 1789, la colère populaire n’était pas dirigée contre le roi mais contre l’aristocratie et la bourgeoisie libérale. À la veille de la Révolution, Louis XVI avait une cote de popularité incommensurablement plus élevée que celle de François Hollande aujourd’hui. Il n’était vraiment haï que par la grande bourgeoisie et une partie de la population parisienne, c’est-à-dire exactement ceux-là mêmes qui aujourd’hui soutiennent François Hollande !

Si ce jeu de miroir devait se poursuivre, François Hollande serait alors la victime toute désignée d’une contre-révolution – c’est-à-dire d’une révolution qui serait aussi pacifique que l’autre fut violente, et qui nous conduirait tranquillement vers une restauration de la monarchie. Comme si les temps étaient enfin mûrs, Il semble même qu’un prétendant parfaitement légitime au trône ait été récemment découvert.

En effet, comme le rappellera l’émission “L’Ombre d’un doute”, diffusée le mardi 3 novembre, des tests génétiques réalisés ces derniers mois sur des descendants putatifs de Louis XVI ont relancé l’hypothèse selon laquelle le jeune Louis XVII ne serait pas mort dans la prison du Temple à Paris en 1795 mais aurait vécu – avec ses 9 enfants – sous le nom de Naundorff jusqu’à sa mort naturelle survenue en 1845 … en Hollande !

Si Louis XVI a un descendant direct, les Français peuvent boucler la boucle ouverte en 1789.

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