est presque aussi bas dans un que François Mitterrand au pire de son rejet : 23 % contre 22 %. Je ne doute pas que, malgré cette mauvaise nouvelle à laquelle il ne cesse pas de s’habituer, le président de la va demeurer apparemment serein, impavide, souriant. Un optimisme affiché contre lequel se brisent le pessimisme civique, les oppositions au sein de son propre camp et la droite sectaire.

Il paraît, par ailleurs, « qu’entre François Hollande et les intellos, ce serait la rupture ». C’est ce que nous annonce Marianne dans un excellent texte nourri d’entretiens, publié sous une triple signature.

J’imagine mal le Président effondré face à une telle occurrence. […] Je devine peut-être plutôt son air perplexe avec cette constatation vaguement déçue : « Si vous aussi vous m’abandonnez… »

Parmi ces intellectuels, quelques-uns sont franchement désappointés, voire en colère comme , Christian Salmon ou Éric Fassin. Ils ne croyaient pas possibles une telle dénaturation des valeurs de gauche, « un changement de discours aussi rapide », ce qui est résumé brutalement par Salmon avec cette formule : « Il ne se contente pas de droitiser la gauche, il blanchit le discours néolibéral. »

Roland Gori est sur une ligne moins critique même si, rêvant du rouge, il doit se contenter « d’un rose très pâle ».

Il y a enfin les indulgents comme Benjamin Stora et Françoise Héritier déjà comblée par l’ du Mariage pour tous. […]

Si on veut analyser plus profondément les motivations de ces intellectuels, on est frappé de la concordance entre les aspirations de ces personnalités de gauche et de celles d’un certain nombre de citoyens à droite. En effet, ce que ces intellectuels retiennent de positif et qui les conduit, tous, à se féliciter de leur vote de 2012 tient au fait que François Hollande a évité la réélection de Nicolas Sarkozy et qu’à ce titre ils continuent à éprouver, les uns et les autres, un vif soulagement, une reconnaissance.

Ce point de vue est aussi celui que beaucoup d’électeurs de droite ont fait valoir, par hostilité à l’égard de la pratique et du caractère de Nicolas Sarkozy, sans aller forcément jusqu’à assurer, pour certains, l’élection de François Hollande. Il y a là une connivence entre des univers que tout aurait dû séparer mais qui se sont réunis à cause d’une perception négative identique de l’ancien chef de l’État et de son piètre comportement démocratique. […]

Les intellectuels de gauche se souviennent à peine du temps où ils s’étaient mobilisé en faveur de François Hollande. Cependant, ils ne devraient pas totalement se retirer sous leur tente parce que, pour peu que la présidentielle et l’action du gouvernement continuent de la sorte, elles risquent de faciliter le retour de celui dont François Hollande les avait débarrassés. […]

Pour ma part, je crains qu’en 2017 la médiocrité du bilan soit telle que nous soyons condamnés inéluctablement à une restauration à l’ancienne.

La même droite qu’hier avec la réapparition du même Président auquel les médias tendent si complaisamment leur miroir sans être écœurés par cette « danse du ventre » politique et cette manière de prendre l’opinion publique pour une imbécile.

Si vous aussi vous m’abandonnez…

Nicolas Sarkozy sera-t-il un jour condamné à faire ce constat ?

Extrait de « Si vous aussi vous m’abandonnez… ».

23 septembre 2013

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