L’actuel ministre de l’Economie a osé prétendre que l’affaire de la BNP – modeste amende de huit milliards d’euros – n’était « pas bonne pour le traité de libre-échange euro-américain », traité qui va achever de liquider l’industrie française et ce qui reste de notre indépendance. Cela souligne à quel point il désire sa signature et cela nécessite un bref rappel sur la conspiration des Young Leaders qui intéressent nos lecteurs. François Hollande en a fait partie en 1996 comme une demi-douzaine des leaders socialistes qui managent ce pays.

On commet une grande erreur en affirmant que les conspirations se commettent en cachette. En réalité les conspirations se commettent à ciel ouvert, essentiellement parce que la plupart des gens se moquent de savoir à quelle sauce ils seront mangés. Ils n’y croient pas, jouent aux sceptiques, crient à la parano, et ils retournent jouer aux boules. En conséquence de quoi les élites ne se gênent plus et ne prennent plus de gants : chômage, dette immonde, immigration, fiscalité, mondialisme. Qui a pu en faire tant sans peine ira forcément plus loin.

Lorsque le candidat socialiste est arrivé au pouvoir en 2012, on n’a pas vu un seul drapeau français dans les rues. On se doutait bien que comme avec Chirac en 2002 ce n’était plus la France qui avait élu son président – mais la haute autorité mondialiste. Il y avait cependant des drapeaux de toutes les couleurs musulmanes à Tulle en Corrèze – mais pas de drapeau américain, et c’est dommage, car c’était bien les Etats-Unis qui avaient aussi remporté là leur élection partielle. Hollande arrivait bardé de bonnes intentions germanophobes et atlantistes, flanqué de Moscovici, Montebourg et quelques autres.

Le tournant historique aura été l’élection de Giscard en 1974, qui eut le culot de faire un speech en anglais le soir de sa victoire étriquée. C’était la grande époque de la Trilatérale de Rockefeller. Deux ans plus tard notre maniaque du mondialisme créait avec le président US Gerald Ford la très présente et oppressante French-American Foundation. Ici aussi pas de secret : la page Wikipedia de cette institution nous enseigne dans son navrant basic français qu’elle organise des séminaires pour des jeunes dirigeants (Young Leaders) français et américains issus de la politique, de la finance, de la presse, « à fort potentiel de leadership et appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines ».

On entrevoit la suite : les leaders les plus soumis à l’Imperium et à l’Emporium américain sont ceux qui montent dans la hiérarchie des partis de droite comme de gauche. Pour ces braves gens ce qui est bon pour la General Motors n’a pas à être bon pour Peugeot et ce qui est bon pour la matrice américaine n’a vraiment pas à être bon pour le peuple français – ou même américain.

À lire aussi

Islam : pourquoi la France est schizophrène

Il y a une bêtise crasse de notre « élite hostile ». …