On peut se moquer tant qu’on voudra, mais ce qui vient d’éclater entre et François Fillon n’est pas la guerre. Seulement la montée d’une espérance.

D’autant plus urgente et nécessaire que l’opposition médiocre de la encore sarkozyste, la faiblesse et la seule bonne volonté du pouvoir socialiste, le désastre prévisible de la politique pénale annoncée et, en lien, l’ascension populaire et sondagière apparemment irrésistible du FN vont confronter notre pays à d’extrêmes difficultés, plus préoccupantes encore, voire insolubles, que celles d’aujourd’hui.

[…] Je persiste au risque de la dérision : François Fillon, aujourd’hui, représente la seule chance d’une droite de tenue, courageuse et honorable. Il faut l’écouter et le lire avant de continuer à déverser sur lui critiques et, pire, mépris comme s’il avait été l’inspirateur du quinquennat précédent dont il a été, à mon grand regret, de son fait, un Premier ministre renouvelé.

Je suis mieux placé que Nicolas Sarkozy pour l’emporter en 2017… Il est très difficile de revenir quand on a été battu… Quand on perd une élection, il est impossible de dire qu’on a fait une bonne campagne… Quand on perd une élection, on doit se remettre en cause, sinon c’est un bras d’honneur aux Français… (Valeurs actuelles)

[…] Se gausser de l’assurance de François Fillon, persuadé d’être « le mieux placé pour 2017 », serait ridicule. Ce n’est pas lui qui a été défait en 2012, ce n’est pas lui non plus qui vient de bénéficier d’un non-lieu justifié mais peu glorieux, ce n’est pas lui qui traîne à ses basques d’homme public une de casseroles qui, pour être implicites faute d’incrimination judiciaire pour l’instant, feraient mauvais genre pour un candidat nous ayant déjà fait subir durant cinq ans sa conception de la République et de la présidence de celle-ci.

Je vais bien sûr avoir droit au reproche lassant de haïr Nicolas Sarkozy alors que, mêlé à des considérations personnelles, il y a d’abord le souci, je l’admets obsessionnel, de ne me plus me faire flouer, et la France avec moi pour ceux qui me comprennent. Rien ne serait pire que son retour dans une compétition pour laquelle, avec son ami inféodé et intéressé , il trouverait bien le moyen de piper les dés.

Qu’on arrête aussi de faire preuve d’une condescendance amusée ou attristée à l’égard de François Fillon, en particulier à l’ où, paraît-il, il n’y aurait que de forts caractères et des paroles libres. Alors que pour la première fois véritablement […], il est proclamé nettement, face à Nicolas Sarkozy, qu’il a été défait parce que sa campagne avait été mauvaise, qu’il n’est plus légitime à cause de cela et qu’il a une personnalité non seulement inapte à la remise en cause mais arrogante au point, après son non-lieu, de se vanter d’être unique à droite. Ces âmes trempées — de Juppé à Guaino — jugeant Fillon si faible, si effacé, si lisse, je ne les ai jamais entendues durant cinq ans, et depuis 2012 elles n’ont jamais été audacieuses au point de quitter leur inconditionnalité craintive et leur hypocrisie politique. Elles ont attendu qu’un autre dise tout haut ce qu’elles remâchaient tout bas.

[…] Entendre François Fillon, aujourd’hui — sans doute à la fois par exigence personnelle, envie, enfin, de sortir ce qu’il a sur le cœur et sur l’esprit et désir d’être la voix de tous ceux qui n’en peuvent plus de voir la droite se rabougrir aussi voluptueusement autour d’un vaincu qui bloque, par tactique, la pensée, la réflexion et la rénovation de son camp —, est un bonheur. Il n’était que temps de proférer ces brutalités démocratiques puisque Nicolas Sarkozy ne connaît qu’une cause : la sienne, dans une autarcie même dépouillée de toute aura. Le du cap Nègre, dont la France aurait un besoin absolu, passe mal.

Nicolas Sarkozy, au propre et au figuré, a fait plus d’un bras d’honneur dans sa vie.

François Fillon, courtoisement, lui en a fait un et c’est doux, bon et riche d’avenir s’il ne se contente pas de croire en son destin mais s’il l’impose, s’il s’impose.

Extrait de “Le bras d’honneur de Nicolas Sarkozy“.

11 octobre 2013

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