Editoriaux - Education - Santé - 26 octobre 2019

France : une école inclusive plus quantitative que qualitative !

Les conclusions de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la scolarisation des enfants handicapés, rendues publiques le 8 octobre dernier, montrent que l’école inclusive n’est toujours pas une réalité dans notre pays.

La scolarisation des enfants handicapés a progressé, notamment du point de vue quantitatif (le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés est passé d’environ 118.000, en 2006, à plus de 340.000 élèves, en 2018), mais du point de vue qualitatif, il y a encore du chemin à faire.

Cette qualité tient d’une part à l’encadrement pédagogique et d’autre part à la notion d’accessibilité.

En matière d’encadrement, s’il est vrai que des AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) ont bien été recrutés en nombre pour cette rentrée, il n’en demeure pas moins que leur nombre reste insuffisant (il en manque 4 %). De surcroît, contrairement à ce qu’on voudrait faire croire, leur statut demeure bel et bien précaire.

Certes, ils pourront désormais bénéficier d’un CDD de trois ans, renouvelable une fois avant un CDI. C’est évidemment mieux qu’un contrat de quelques mois. Mais la pérennisation des besoins d’accompagnement nécessite une pérennisation du statut, sans même parler du fait que certains ne sont même pas payés…

Ensuite, parler d’encadrement pédagogique nécessite d’évoquer la question des enseignants. On a longtemps réduit l’inclusion au simple accès physique à l’établissement scolaire, se préoccupant peu de la difficulté que pouvait poser, pour l’enseignant, le fait d’avoir un enfant handicapé au milieu d’une classe de 25 autres sans y être vraiment préparé. De fait, s’il est un point sur lequel nous avons des marges de progrès, c’est bien la formation des enseignants à la prise en charge du handicap.

Il est vrai qu’il y a une prise de conscience sur le sujet puisqu’ils font l’objet de davantage de formation continue sur l’éducation inclusive et des ressources en ligne, mais rien concernant la formation initiale. Il importe donc qu’il y ait une action très claire, aussi bien sur la formation initiale que sur la formation continue des enseignants, en veillant à ce que les compétences acquises soient mieux reconnues et valorisées.

Enfin, en matière d’accessibilité, celle-ci ne se résume pas au cadre bâti. Les personnes en situation de handicap, ont, pour beaucoup, une qualification inférieure ou égale au BEP. Pourquoi ? Parce qu’il y a un véritable problème autour de la question de l’assimilation des savoirs. Il faut donc faciliter la compréhension des savoirs en adaptant les méthodes d’enseignement aux spécificités liées au handicap. Aujourd’hui encore, trop souvent, les contenus pédagogiques sont inadaptés. C’est pour cette raison qu’il faut renforcer la coopération entre l’Éducation nationale et les établissements et services médico-sociaux, afin de faciliter l’émergence d’une réponse adaptée à tous les degrés d’enseignement.

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