peut parfois nous étonner. Deux émissions, de styles très différents, programmées durant le week-end dernier, ont fait, d’une certaine manière, l’apologie de l’. On pourrait, d’ailleurs, s’étonner que les défenseurs du grand amalgame mondialiste n’aient pas réagi. Il n’est pas trop tard.

“Thalassa”, tout d’abord, nous a invités vendredi à un voyage au bout du monde, plus précisément au Vanuatu, micro-État archipel de moins de 300.000 habitants, situé dans l’Océanie et autrefois appelé les Nouvelles-Hébrides. Le titre de ce numéro : « Vanuatu, l’Océanie authentique ».

Un reportage nous a notamment présenté un jeune artiste qui fait vivre la tradition du dessin sur le sable en transmettant ce savoir ancestral aux enfants de l’école du village. Et le commentateur d’expliquer que ce dessin sur le sable est une partie de l’identité du Vanuatu, un savoir ancestral. Effectivement, en dessinant des figures dans le sable, Marcel – c’est le nom du jeune artiste – raconte des histoires plus ou moins légendaires, enracinées dans le passé collectif de ce peuple. Pour oser une comparaison audacieuse, c’est comme si la maîtresse – pardon, le professeur des écoles – de l’école Angela-Davis d’Aubervilliers enseignait l’ et de nos rois en faisant jouer les gamins à la marelle dans la cour de la récré. Vous voyez le truc ?

Pris sans doute dans cette fascination bien légitime de la de l’authentique, pour reprendre l’expression de Pagnol dans Jean de Florette, notre journaliste de “Thalassa” s’est osé à ce commentaire qui devrait faire hurler, par les temps qui courent, nos bonnes âmes mondialistes. Je cite : « Quand le Vanuatu s’ouvre au monde, c’est toute son identité qui vacille. Marcel, lui, résiste. L’ouverture ne fera pas table rase du passé. » Ce commentaire se passe de commentaire…

Et puis, dans un genre plus sophistiqué, dimanche soir, Laurent Delahousse nous a présenté, dans son émission “Un jour, un destin”, la vie d’Anne Sinclair, désormais figure de vitrail de la médiatique. Et de mettre la deuxième couche identitaire ! En effet, un aspect particulièrement intéressant de sa personnalité a été mis en avant : l’attachement d’Anne Sinclair à son identité communautaire. Une de ses amies nous explique clairement – si j’ose dire – qu’Anne Sinclair n’aurait pas pu épouser un non-juif. Ivan Levaï, son premier mari, raconte même que c’est grâce à elle qu’il est revenu au judaïsme. Tout ceci est éminemment légitime et honorable. Maintenant, imaginons que, par exemple, , dans un moment d’intimité télévisuelle chez Ruquier, ait confié qu’elle n’imaginait pas qu’un de ses enfants puisse épouser une personne non catholique et ne justifiant pas de huit quartiers lorrains dans son arbre généalogique. Imaginez un seul instant…

Télévisions devrait tout de même faire attention. La culture intensive de l’authentique pourrait donner des idées malsaines au peuple qui comprend tout de travers. La culture de l’authentique, ce n’est pas pour tout .

13 octobre 2015

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