Culture - Editoriaux - Politique - Religion - Société - 6 septembre 2015

Pourquoi la France est un pays et pas une patrie

La France fut en 1789 la première terre d’émigration moderne. Elle joua de ce droit à plein. On nous accueillit partout gentiment, nous les réfugiés politiques de ces temps obscurs. La folie des droits de l’Homme nous rapportait un million de morts, une guerre civile, un génocide, une guerre de vingt ans contre l’Europe, et la tyrannie étatique. En 1919 un chaos européen survint et l’Amérique ferma ses frontières aux immigrants européens.

La classe politique actuelle, agissant sous injonction américaine, organise une France multiculturelle (voyez Huntington encore) et la soumission aux corporations et aux bureaucraties.

Je sais que nous élirons Juppé en 2017 et je ne vois moi aucune raison de supporter cela. Il n’y a pas de vaccin contre la bêtise et la France en est trop pourvue. Tout le monde se soumettra au diktat républicain comme en 1793, 1870, 1914 ou 1939. Mais cette fois nous sommes enfin remplaçables.

Emigrer. Certains iront en Floride, d’autres en Israël, d’autres à Singapour ou Melbourne. J’ai moi un faible pour la Patagonie ou les Andes. Ces espaces magiques et chrétiens, de tradition migratoire européenne, ont tout pour me contenter.

Lâcheté ? Démission ? Ce que vous voudrez.
Mais je dis moi qu’il y a un devoir d’émigrer.
Voici ce qu’écrivit en 1817 le vicomte de Bonald :

« Nous n’hésitons pas à soutenir que les détracteurs de l’émigration ont toujours ignoré, ou ne se rappellent plus quels étaient, à cette époque, au dedans et au dehors, les projets, les moyens, la fureur des ennemis du trône et de l’autel. »

Puis il établit un distinguo clair entre pays et patrie :

« Le sol n’est pas la patrie de l’homme civilisé ; il n’est pas même celle du sauvage, qui se croit toujours dans sa patrie lorsqu’il emporte avec lui les ossements de ses pères. Le sol n’est la patrie que de l’animal ; et, pour les renards et les ours, la patrie est leur tanière. Pour l’homme en société publique, le sol qu’il cultive n’est pas plus la patrie, que pour l’homme domestique la maison qu’il habite n’est la famille. L’homme civilisé ne voit la patrie que dans les lois qui régissent la société, dans l’ordre qui y règne, dans les pouvoirs qui la gouvernent, dans la religion qu’on y professe, et pour lui son pays peut n’être pas toujours sa patrie. »

Les lois ici, il n’y en a plus, et le bourgeois libéré Hollande va laisser cette France dans un purin jacobin, naturel où elle adore finalement se rouler. La situation exceptionnelle va durer vingt ans et vingt millions de nos amis vont entrer vous remplacer. On nous montrera des photos de petits noyés pour faire larmoyer dans les casbahs, pardon dans les chaumières, et cela suffira.

Bonald ajoute sur l’émigration : « Dès lors, l’émigration fut une nécessité pour les uns, un devoir pour les autres, un droit pour tous. »

De fait l’émigration devient dans le monde du chaos américain un droit ou une nécessité pour tous : qui a envie de rester aujourd’hui en Syrie, ou demain en France ?

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