Auteur de "Rebâtir la France" chez Mareuil Éditions, le général Didier Tauzin continue son œuvre au service de la France par son association « France, Terre d’Espérance ». Entretien avec un officier qui a "choisi de servir [s]a patrie au risque de [s]a vie".


Votre travail résulte d’un constat amer d’une France qui « se meurt ». Quels sont les retours que vous avez eus de votre ouvrage ? Quelle est, donc, votre actualité (notamment via votre association) ?

Constat amer, dites-vous ? Paradoxalement, je crois que nous vivons une époque fantastique : la France va ressusciter, j'en suis persuadé ! Quand j'avais 20 ans - en 1970 -, tout semblait possible à la France, et certains étrangers lui prédisaient le plus bel avenir. Mais ce n'était qu'une impression, car les "idées de Mai 68" n'avaient pas encore produit leurs effets dévastateurs. Combinées au système des partis depuis 45 ans, elles ont conduit la France où elle est aujourd'hui : au bord du gouffre.

Mais en 2012-2013, la France de demain a surgi d'on ne sait où, contre le changement de civilisation que l'on voulait lui imposer. Elle a crié au monde qu'elle n'est pas morte, qu'elle veut vivre, qu'elle vivra, et qu'elle reste fidèle à sa vocation de servir l'homme, tout homme sous le ciel. Du tréfonds de notre société, c'est la France de toujours qui se dresse, pour se redonner un avenir. Certains ne l'ont pas compris ; tant pis pour eux !

Dans 20 ans, la transition sera faite, de cette France héritière, comme l'écrit Houellebecq à sa façon, de cinq siècles de refus de nos racines et de notre identité profonde à la nouvelle France qui est aussi celle de toujours. Les 20 années qui viennent seront des années de transition entre deux époques civilisationnelles, non par le changement de civilisation souhaité par Mme Taubira et bien d'autres, mais par un retour aux sources mêmes de notre civilisation. Et la France de demain sera encore plus belle que celle des cathédrales.

Mais ces 20 prochaines années seront aussi des années de crise intérieure car les tenants de la société qui disparaît ne voudront pas laisser la place. Nous courons de gros risques ; c'est cela qui m'a décidé à m'engager, avec la certitude que le combat est gagné, certes, mais avec le désir profond qu'il le soit au moindre coût humain. J'ai vécu quatre guerres civiles sur le terrain, et je n'accepte pas de rester à ne rien faire quand la France risque de sombrer dans ce genre d'épreuve, même si, je le répète, l'issue ne fait pour moi aucun doute : la France vivra et elle sera superbe !

« La nation, c’est la famille des familles », disait Charles Maurras. Quel(s) rôle(s) la famille (qui est grandement attaquée aujourd’hui) doit-elle tenir dans la société ?

Depuis au moins des millénaires, sinon depuis toujours, la famille est « la cellule de base » des sociétés. La famille est le principal vecteur de civilisation, le refuge de celui qui souffre ; elle est aussi le premier acteur économique. Elle est attaquée par tous les partis politiques, ou très mal et insuffisamment défendue, depuis de longues décennies car elle tisse de la solidarité alors que les partis et les idéologues veulent un être humain seul, donc sans défense, afin qu'il soit plus malléable, jusqu'à l'asservissement.

Dans un entretien sur TV Libertés, vous dites que la " à la française est une monstruosité". Ainsi, quelle place pour le christianisme, religion de la France ?

Une saine consisterait à faire collaborer les deux pouvoirs - spirituel et temporel - au bien de l'homme, à son service, au service de son épanouissement complet. Une telle pratique de la laïcité serait bien loin de celle qui nous est imposée... C'est celle que je propose.

Quant à la place du christianisme en France, c'est Camel Bechikh, musulman, président fondateur de l'association Fils de France, qui dit que "la France est ontologiquement catholique", "ontologiquement" entendu ici au sens que lui donne Heidegger : "qui relève de l'être". Une politique respectueuse de l'être même de la France doit tenir compte de cette réalité, qui nous est rappelée... par un musulman ! Merci Camel Bechikh ! Cela ne signifie aucunement l'instauration d'une quelconque théocratie, ni la suppression de la loi de 1905, ni que les autres religions ou l'athéisme doivent être bannis. Cela signifie seulement que le christianisme doit être en France la référence ultime, faute de quoi on est dans le "changement de civilisation" voulu par les idéologues, et celui-ci se ferait au détriment de l'être profond de notre pays, au détriment des Français et de l'humanité entière.

Entretien réalisé par Florian Toumit

20 juin 2015

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