Les hommes politiques français semblent tellement épris de leur moitié qu’ils n’hésitent pas à les engager pour mener, à leurs côtés, leur mission au service des citoyens. On les croirait presque sincères, tant dans la force de leur amour pour leur conjoint que dans leur volonté de servir l’intérêt public.

La « République des conjoints », pour reprendre le mot qui fait florès en ce moment dans l’Hexagone, est-elle pour autant une spécialité franco-française ?

Afin d’endiguer le phénomène, certains pays ont décidé d’encadrer l’embauche des assistants parlementaires. C’est le cas, notamment, en , où il est interdit d’employer un conjoint, au Royaume-Uni, où un député ne peut engager qu’un seul membre de sa famille ou aux États-Unis, où les fonctionnaires d'État, dont les membres du Congrès, ne peuvent, depuis 1967, compter un membre de leur famille dans leur personnel.

La Belgique, en raison de son système et de ses mauvaises habitudes, est un cas particulier. Un « fils de » ou une « épouse de » responsable politique n’a pas nécessairement besoin de passer par la case « assistant parlementaire » pour se forger une expérience puisqu’il ou elle se retrouve lui-même souvent propulsé directement… bourgmestre (équivalent du maire), député ou ministre.

Charles Michel, le Premier ministre belge en fonction, est le fils de Louis Michel, ancien homme fort du Mouvement réformateur (droite libérale) et désormais député au Parlement européen (d’où il lance ses objurgations envers tout ce qui lui semble populiste). « Le fils de » fut ainsi élu député à 23 ans et devint ministre, un an plus tard, à 24.

Les dynasties politiques sont ainsi légion dans le plat pays : il y a, en Belgique, outre les Michel, les De Croo (libéraux flamands), les Onkelinx, les Collignon, les Daerden, les Moureaux (socialistes bruxellois), les Lutgen (démocrates humanistes francophones) et on en passe.

Toutefois, il n’est pas rare de voir des « proches » travailler comme attachés parlementaires ou au sein des cabinets. Le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Paul Furlan (PS), fut ainsi contraint à la démission, la semaine dernière, à la suite de révélations dans le cadre de l’affaire Publifin (intercommunale au sein de laquelle des élus étaient rémunérés très grassement… pour ne rien faire) : on a appris, à cette occasion, que la compagne du ministre travaillait dans son cabinet depuis 2009 et qu’un de ses amis, s’occupant de ses affaires privées, y était aussi rémunéré.

Contrairement à la France, qui se caractérise par un régime de cadres sortis des grandes écoles, la Belgique est davantage une particratie où tout pouvoir émane de formations politiques toutes-puissantes. Dans ce contexte particulier, les attachés parlementaires, dont l’embauche reste légalement peu soumise à des contraintes particulières, sont le plus souvent de jeunes recrues formées pour intégrer plus tard le « système ». Un système dans lequel, pour les plus habiles, ils pourront nommer leurs proches.

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30 janvier 2017

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