Ces mots ne viennent pas d’un nostalgique de l’ française mais de Ferhat Abbas, ex-leader FLN et président de la République algérienne du temps du GPRA.

On l’oublie souvent, mais l’identité algérienne n’existait pas avant 1830. Jusqu’au VIIIe siècle, les populations qui y vivaient étaient d’origine phénicienne, berbère, romaine et de religion majoritairement chrétienne. Ce sont les Arabes, peuple nomade venant du Moyen-Orient, qui ont envahi toute l’ du Nord et converti de force toutes ces populations. Ainsi, et après quelques siècles de domination arabo-islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico-romaine.

Plus tard, au XVIe siècle, en profitant du chaos répandu par les Espagnols, mais aussi en soufflant habilement sur les nombreuses divisions existant entre les différentes tribus de la région, les Ottomans en prirent le contrôle, avec Alger pour capitale.

C’est alors que se développa, pendant près de 300 ans, la piraterie barbaresque, arraisonnant tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Ainsi, dans l’Alger des corsaires du XVIe siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés.

Plusieurs tentatives de destruction de ces bases furent alors entreprises. D’abord par Charles Quint, à l’action duquel succédèrent les bombardements anglais, puis ceux des Néerlandais et même ceux de la jeune nation américaine, également victime de ces perfidies…

Toutefois, seul le débarquement des troupes françaises, en 1830, mit fin définitivement à trois siècles d’atrocités.

Par la suite, et à l’inverse des autres puissances colonisatrices, comme les Américains avec les Indiens ou les Britanniques avec les Aborigènes ou encore les Turcs avec les Arméniens, la France ne massacra pas les peuples qu’elle venait de conquérir. Au contraire, la France soigna, grâce à ses médecins, toute la population, amenant cette dernière de moins d’un million, en 1830, à dix millions, en 1962. De plus, la France draina, assécha, fertilisa des sols à l’abandon depuis des siècles, transformant une moyenâgeuse en une agriculture riche, prospère et exportatrice.

La France respecta aussi la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, et respecta la religion musulmane.

Bien entendu, la France ne faisait pas dans la philanthropie, mais cela n’enlève rien au fait qu’elle a réussi à désarmer les différentes tribus et mis en place une infrastructure durable (encore utilisée aujourd’hui) qui a été capitale pour l’État naissant de l’Algérie. Par ailleurs, le nom même du pays a été donné par la France en 1839 : jusqu’alors, il était officiellement appelée « le pays de Barbarie ».

In fine, renier l’œuvre de la France, c’est logiquement renier l’Algérie en tant qu´État unifié et souverain.

Mis en ligne le 18 février 2017

Dernière mise à jour : 6 juillet 2020

6 juillet 2020

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