François Hollande amorce un virage sécuritaire et la droite applaudit. C’est sans doute une bonne nouvelle, mais d’un de bonnes nouvelles dont on ne peut que se lamenter. Car dans l’absolu, donc dans un monde imaginaire, ce que les députés de droite auraient dû faire au Congrès, ce n’est pas applaudir François Hollande, c’est au contraire lui tourner le dos et s’adresser à madame Marion Maréchal-Le Pen pour lui présenter leurs excuses.
 
La France doit en effet des excuses au Front national, car c’est bien trente ans de diabolisation du FN qui ont jeté les bases du drame du Bataclan. Petit rappel:
 
– Il n’y aurait jamais eu de Bataclan si les flux migratoires, dès 1981, avaient été strictement maîtrisés.

– Il n’y aurait jamais eu de Bataclan avec 30.000 places de prison supplémentaires.

– Il n’y aurait jamais eu de Bataclan si les effectifs des forces de l’ordre et de l’armée avaient suivi l’augmentation de la population au lieu de diminuer drastiquement.

– Il n’y aurait jamais eu de Bataclan si les mosquées et les imams ne s’étaient pas multipliés comme des petits pains.

– Il n’y aurait jamais eu de Bataclan sans Schengen.

– Il n’y aurait jamais eu de Bataclan si un certain Manuel Valls, vraisemblablement chapitré par Laurent Fabius, n’avait pas refusé la liste des noms des djihadistes français présents sur le sol syrien, que Bachar el-Assad était prêt à lui remettre. C’est du moins ce que nous apprend, aujourd’hui, Bernard Squarcini, l’ex-Monsieur antiterrorisme du gouvernement Fillon.
 
En résumé, il n’y aurait jamais eu de Bataclan si Jean-Marie Le Pen avait été élu président de la République en 2002. Ce même Jean-Marie Le Pen nous avait d’ailleurs averti : “Un jour, les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux”, du fait de la présence d’un nombre excessif de musulmans. Il fut condamné pour ces propos, condamnation confirmée en appel. Cruelle ironie : le mois prochain, lors du scrutin des régionales, des millions d’électeurs non seulement raseront les murs pour aller voter, ils le feront sous escorte lourdement armée.

Au premier tour, leur vote se portera en faveur de leur candidat naturel mais au second tour, pour beaucoup d’entre eux, il s’agira en priorité de faire barrage au Front national. C’est comme ça que cela se passe depuis 2002 et rien dans les propos de Manuel Valls ou de Nicolas Sarkozy ne nous permet de penser qu’il n’en sera pas ainsi une fois de plus.
 
Si on pouvait guérir de la cécité du jour au lendemain, ça se saurait, alors n’attendez pas que tous ceux qui n’ont rien vu venir voient clair aujourd’hui. La seule chose qui va changer, du fait des attentats, c’est qu’avant, ces électeurs pouvaient se retrancher derrière un « nous ne savions pas » et qu’aujourd’hui, ils ne pourront plus.

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