« La France va mieux », répète à l’envi le chef de l’État.

Il l’ a expliqué aux salariés de Plastic Omium à Venette, à Rungis, ou lors des commémorations du 8 mai. « Nous avons bien redressé le pays, depuis maintenant quatre ans ». Un chouette bilan, quoi ! 

Ok, il le concède : la crise de la zone euro, a duré plus qu’il ne l’avait imaginé, mais bon on ne va pas pinailler !

Tâtons un peu le miracle :

Le rapport « Fracture françaises » réalisé par le Monde et la fondation Jean Jaurès, peu suspects d’antipathie à l’égard du chef de l’État, tempère un peu le propos : baisse de la confiance dans les institutions politiques et les syndicats, personnels politiques corrompus qui agissent principalement pour leurs intérêts personnels, augmentation du racisme anti-blanc, pression de l’islam, pays en déclin… crainte de la mondialisation…  

Les Français veulent du neuf, mais réélisent systématiquement le même personnel politique. Les Français veulent des réformes, mais descendent dans la rue dès qu’un projet est supposé déranger leurs repères. 

Pour l’éducation, la  recherche, le syndicalisme, le social ou l’économie, la France est toujours en 1944, scotchée à la feuille de route élaborée par le  Conseil National de la Résistance. Inspiré du communisme, il instituait l’État  grand régulateur et Staline maître à penser… modèle qui plombe la dépense publique, fait valser les impôts, notamment ceux des entreprises, fige l’emploi et freine  la recherche et le développement.

Dans cette logique, l’État continue de subventionner la capacité de nuire des nervis de  la CGT ou de Sud Rail, qui  après s’être emparés des entreprises publiques – la SNCF, la SNCM ou le port de – et les avoir démantelées méthodiquement par pans successifs, se retournent à nouveau vers lui en l’accusant d’incompétence !

Actuellement, Pôle emploi recense environ 3,5 millions de chômeur. Mais comme le souligne Patrick Artus : « les syndicats ont comme objectif essentiel d’accroître la rémunération des salariés pas de ramener les chômeurs à l’emploi ou d’améliorer la situation macroéconomique. »

Si frémissement économique il y a, il bénéficiera moins à une amélioration de l’emploi qu’à une surenchère salariale. Produit de la baisse de l’euro et de celle du prix de l’énergie plus que d’inexistantes réformes, il nous dispensera une nouvelle fois de nous dépêtrer de l’après-guerre pour remettre enfin sur la table notre modèle de croissance. D’après les données LinkedIn, nous sommes le duxième pays, juste après l’Inde, dont le solde migratoire  des personnes qualifiées est le plus négatif.

Bref, les Français veulent des réformes pour ne pas être obligé d’en faire.

Les politiques le savent, mais comme ils sont bien obligés de faire croire au bon peuple qu’ils maîtrisent les choses qui leur échappent, la politique ne se résume plus qu’à de la mousse médiatique. Exercice auquel s’applique désormais notre président. Et ça va tellement bien, que, comme l’a indiqué Cambadélis, pour aller encore mieux, ce serait dommage de se priver d’un second quinquennat avec .

Le plus drôle est que, toujours dans ce fameux rapport sur la fracture française, une majorité l’affirme : La France a besoin d’un chef !

16 mai 2016

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