Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste et a récemment pris position dans Le Figaro pour défendre la présence de crèches dans les mairies françaises.

Vous êtes intervenu sur la polémique des crèches de Noël dans Le Figaro et dans Valeurs Actuelles, pourquoi ?

Parce que cette inversion des valeurs est symptomatique de l’esprit du temps et que ce mauvais esprit qui perdure me consterne.
Au fond, ce n’est pas tant ces restes de laïcardisme que leur sélectivité que je réprouve. Si encore ils traquaient avec la même hargne l’expression religieuse dans tous les lieux publics, ce serait particulièrement tatillon et je pense que l’État a beaucoup d’autres choses à gérer, mais c’est surtout exaspérant parce que la seule religion catholique est visée.

Je constate que les préfets de la République socialiste se font les relais dociles des arrières-petits-fils arriérés du petit père Combes et n’exercent leur aigreur qu’envers la religion de la fille aînée de l’Eglise… Ils n’ont pas sorti leurs armes lorsque la mairie de offrait un buffet pendant la nuit du ramadan, événement nettement plus dispendieux que quelques humbles santons de Provence dans telle ou telle mairie… Cela participe à leur dilection pour l’« altérité », mais je ne trouve pas du tout apaisante cette traque incessante contre la religion qui est encore celle de la majorité du peuple de France !

Le tribunal administratif a donné raison aux « libres penseurs », c’est donc qu’ils ont la loi avec eux, qu’en penser ?

Je ne suis pas là pour rentrer dans les détails du droit administratif. Je n’ai pas dit que le jugement rendu était inique mais j’affirme en revanche que le comportement de ces préfets qui jouent les gardes-chiourmes envers la seule religion catholique est inique, lui. Ça me rappelle la manière dont le Parlement européen avait envoyé un calendrier comportant les fêtes religieuses et qu’il avait tout simplement « oublié » les fêtes chrétiennes… Les fêtes de ceux qui sont eux aussi chez eux en Europe, les fêtes de la civilisation judéo-chrétienne qui constitue, que cela plaise ou non, les racines de l’Europe !
Je crois d’ailleurs que ce n’est pas tant le côté religieux qui est combattu que l’aspect identitaire, et je trouve insupportable que les catholiques et les Français ne se sentent plus chez eux alors qu’ils sont chez eux : c’est pervers et inepte.

Vous devez vous réjouir que ces décisions aient provoqué de vives réactions ?

Bien sûr ! Je suis satisfait que l’identité française se défende, que ce ne soit plus un complexe. Il n’y a aucune « xénophobie », les Français et les catholiques ont compris que le mot « identité » n’était pas honteux ! Surtout lorsque les déclarations de ces laïcards obsédés n’ont aucune cohérence intellectuelle… On peut fêter Noël mais il faut rebaptiser les marchés de Noël ? Il y a un côté presque sadique parce qu’en réalité, chacun sait que ça ne gêne personne.
C’est de l’acharnement gratuit.

Quand j’étais petit, il existait un antisémitisme catholique incontestable et le son des cloches m’inquiétait parfois… Aujourd’hui, il me rassure. Parce que je suis conscient que la contestation des racines de la France était dangereuse et que l’Eglise n’était plus une menace pour personne.

Vous avez dû entendre la chronique de Sophia Aram sur France Inter, insultante pour les catholiques ainsi que pour Robert Ménard et ses électeurs ?

Je l’ai entendue et elle m’a affligé, encore que je n’attache pas grande importance aux propos de cette chroniqueuse. Sur le fond, pour toutes les raisons que je viens d’invoquer : cette méchanceté gratuite, cette manière de se moquer bêtement… Mais elle m’a également choqué parce que, aussi candide que cela puisse paraître compte tenu des programmes de Radio France, je veux continuer à croire à la neutralité du service public. Et je constate malheureusement que l’ensemble des humoristes (je suis bien gentil de les qualifier ainsi…) sont de gauche et se permettent de le rabâcher sans cesse.

Sophia Aram a été repêchée par charité après son échec cuisant à la télévision, cela lui avait inspiré à sa reprise davantage d’humilité. Elle passe plus de temps à critiquer l’opposition que le pouvoir en place, faisant fi de cette vieille tradition française qui veut que le bouffon se moque surtout du prince ! Lorsqu’il s’agit de François Morel, au talent incontestable et qui, en dépit de l’opposition de nos idées, me fait rire et m’émeut, cela passe. Je n’en dirais pas autant de Sophia Aram qui a simplement perdu une belle occasion de se taire.

Entretien réalisé par Charlotte d’Ornellas

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