Editoriaux - Histoire - Politique - Société - 23 novembre 2015

Français comme vouzémoi ?

Reprenant l’expression fétiche du démographe Hervé Le Bras, certains nous serinent que les terroristes du 13 novembre étaient « des Français comme vouzémoi ».

Je l’entends, je le vois déjà nous répéter avec son sourire béat qu’ils sont « Français comme vouzémoi »… Non, Monsieur le démographe, non Monsieur Le Bras, non Monsieur l’habitué des plateaux télévisés, ils ne sont pas Français comme vouzémoi… pas comme moi, en tout cas. Ils sont Français comme vous peut-être, comme vous les avez voulus, comme vous les avez faits, vous et vos amis, votre négligence ou votre cynisme, votre imprévoyance ou votre lâcheté. Ils sont Français de papiers, Français du sol peut-être puisque vous l’avez voulu ainsi, les avez voulus ainsi, Français sans le savoir souvent, sans le vouloir parfois, parfois à leur corps, à leur cœur défendant, Français sans le désirer ardemment, Français uniquement pour mieux recevoir, en sacrifice à un insatiable expansionnisme, comme un dû, une société dodue, dégénérée, toute confite de pénitence et d’autodénigrement, une société offerte au conquérant.

Être Français, pour moi, c’est l’être d’âme plus que de corps, de cœur plus que de sang, d’envie plus que de sol. Et pas d’envie de subventions, non, ni d’allocations, Monsieur Le Bras, pas Français de confort, mais Français d’efforts. Efforts pour travailler, efforts pour respecter et servir la collectivité bien évidemment, mais aussi efforts pour s’intégrer le cas échéant, efforts pour s’adapter à – sinon adopter – des traditions, une langue, une histoire, une fierté.

Comment ces Français comme vous pourraient-ils être Français comme moi, avec à l’esprit tous vos renoncements depuis des décennies, toutes vos reculades face à leurs exigences, toute cette mortification affichée, cette culpabilité coupable face à notre histoire, face à l’étranger ? Comment pourraient-ils être Français comme moi avec, aux fenêtres des façades de tous ces ghettos que vous avez faits pour eux et dans lesquels vous les entreposez depuis que vous les “accueillez”, des parterres de paraboles tournées avec plus d’ensemble que des héliotropes, non vers la tour Eiffel, comme chez vouzémoi Monsieur Le Bras, mais vers La Mecque ou Al Jazeera ?

Comment ces Français comme vous pourraient-ils devenir des Français comme moi, Monsieur Le Bras, avoir envie de s’intégrer à cette société haïssable que vous leur décrivez, avec opiniâtreté, depuis tant et tant d’années ?

Ceux qui le sont, ma foi, ces Français comme vous qui ont réussi à devenir, malgré vous et malgré la politique de vos amis, des Français comme moi, ont bien du mérite !

Oui, nous récoltons ce que vous avez semé, Monsieur Le Bras : nombre de vos Français comme vouzémoi nous haïssent, vouzémoi. Voilà une chose qui nous réunit, Monsieur Le Bras. Vous avez cru les acheter, vous vous êtes vendu, et la France avec vous. Nous sommes vouzémoi tout ce qu’ils exècrent, tout ce vers quoi va leur haine, leur jalousie, leur barbarie, leur soif de conquête. Pourtant, je ne leur en veux pas. Ce n’est pas vers eux que se tourne ma colère, Monsieur Le Bras. Ils ne sont que ce que vous en avez fait, après tout, vous et vos amis, à force de refus des réalités et de lâches compromis. Ils sont votre création, ils sont vos créatures. Ce n’est pas vers eux que se tourne mon mépris.

Certes, Monsieur Hervé Le Bras, il suffit d’être Français comme vous pour toucher le RSA, mais il ne suffit pas de toucher le RSA pour être Français comme moi.

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