Editoriaux - Supplément - Table - 5 novembre 2015

Les forces de l’ordre sont à bout de souffle

Aujourd’hui, les forces de l’ordre en ont ras le bol. Sollicitées sur tous les fronts, de Calais aux missions Vigipirate, de Moirans à Clermont-Ferrand, elles peinent à trouver les effectifs supplémentaires pour faire face à des déchaînements de violence qui se caractérisent par leur soudaineté, leur rapidité et leur brutalité.

Soyons clairs, nous sommes en présence de véritables guérillas urbaines ou rurales qui apparaissent et disparaissent en un temps record. Ces guérillas sont dues à deux phénomènes : des populations allogènes et une démission du pouvoir en place.

Le meilleur exemple en a été donné par l’attitude de l’État face aux gens du voyage :

Fin août, au moment du retour des vacanciers, l’autoroute A1 est bloquée dans la Somme à hauteur de Roye par une soixantaine de membres de la communauté des gens du voyage. Ils exigent la libération d’un jeune homme incarcéré pour lui permettre d’assister aux funérailles de son père, victime d’une tuerie quelques jours plus tôt. Pour appuyer leurs exigences ils prennent en otages des milliers d’automobilistes en brûlant des pneus et des palettes. Comme le rappelle dans un article récent Le Figaro, les dégâts sont estimés à 500.000 euros et, malgré les dires du préfet, personne n’a été interpellé, donnant l’impression d’une impunité totale au profit des émeutiers. Même si les forces de l’ordre se trouvaient sur le terrain face aux casseurs, celles-ci étaient restées l’arme au pied.

L’épisode du village de Moirans (Isère), mis à sac en octobre dernier pour des raisons analogues, ne fait que confirmer la faillite de l’autorité étatique. Le plus incroyable est que, là encore, aucune arrestation n’a découlé de ces violences. Dimanche dernier, c’est une rixe, opposant à coups de fusils à plombs des forains à une centaine de jeunes d’une cité de Clermont-Ferrand, montrant de manière indéniable que les clans craignent de moins en moins la police. Pour eux, le face-à-face se transforme en fait d’armes puisqu’ils font reculer le gouvernement. De plus, il faut savoir que faire intervenir une compagnie de CRS ou un escadron de gendarmerie mobile prend du temps. Or, durant ce laps de temps, les protagonistes se mobilisent en masse et gèrent leurs agressions. Dans ces conditions, impossible de reprendre rapidement le contrôle de la situation. Ceci d’autant plus que la stratégie adoptée par le ministère de l’Intérieur est de tenir avec les moyens du bord avant l’arrivée des renforts, puis d’éviter des affrontements supplémentaires pouvant provoquer de nouveaux blessés parmi les forces engagées ou les manifestants. Pour ces esprits utopistes, l’essentiel est de minimiser les risques. Commence alors une expectance plus ou moins longue avant que d’eux-mêmes, sans y être forcés, les perturbateurs quittent le champ de bataille. Dans ces conditions, les effectifs sont mobilisés mais non utilisés. Or, en 2010, durant la présidence de Sarkozy, 15 escadrons de gendarmerie mobile ont été supprimés. Depuis, les interventions n’ont fait que s’amplifier.

J’ai compté, durant les quinze derniers jours d’octobre, entre “jeunes” et forces de l’ordre, plus de trente affrontements. Ces derniers se répartissent sur tout le territoire national, de Strasbourg à Nantes et de Lille à Cannes et Marseille, sans oublier les banlieues franciliennes qui sont les plus touchées.

Conclusion : repos et permissions en retard sont légion, tant dans les rangs de la police nationale que de la gendarmerie, en même temps que l’exaspération grandit face à l’inadéquation de leur emploi.

Aussi peut-on se demander comment l’État ferait face à un embrasement des quartiers, semblable à celui de 2005 ?

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