"Si, demain, le Front national passe, je prends mes cliques et mes claques et je me tire […]"

Une variante de "Si le FN passe, j'me casse", de Yannick Noah. C'est de Laurent Ruquier, qui s'emballe tout seul, interviewé par le JDD. C'est comme ça : si les Français élisent Marine Le Pen, le démocrate Ruquier mettra les voiles. Pourquoi, pour quoi faire, où ? Mystère et boule de gomme.

Quelqu'un pourrait-il lui apprendre, au sieur Ruquier, que les 1,5 à 2 millions de Français vivant à l'étranger, selon les estimations de la Chambre de Commerce et dindustrie, n'ont pas attendu l'arrivée au pouvoir du FN pour s'expatrier ? 

Jeunes diplômés, cadres supérieurs, entrepreneurs, retraités, ils sont chaque année entre 60.000 et 80.000 Français à quitter leur patrie parce que l'herbe, ailleurs, leur semble plus verte et l'atmosphère plus respirable. Occasions professionnelles plus attractives, machines administratives qui ne broient pas l'esprit d'entreprise, conditions fiscales ou de vie incitatives, mais aussi fuite de certains quartiers où règnent homophobie et grandissants - ne doit pas les fréquenter -, voilà l'essentiel des raisons évoquées par ceux qui en ont ras la casquette, de la gouvernance droite-gauche depuis trop longtemps.

En outre, quelqu'un devrait aussi lui rappeler, à Laurent Ruquier, que de riches chanteurs, de riches sportifs, de riches dirigeants d'entreprise - dont le patrimoine dépasse 17 milliard d'euros - n'ont pas attendu, non plus, l'éventuelle élection du FN pour aller planter leurs pénates en Suisse, en Belgique ou à Saint-Barth. Mais, FN ou pas, peut-être que cela commence à le titiller, lui aussi, de mettre à l'abri ses économies.

Car contrairement aux premiers expatriés qui, eux, s'en vont la plupart du temps sans gaieté de cœur, Laurent Ruquier, lui, "[s'en fout]. J'ai 53 balais, j'ai gagné ma vie, je n'ai pas de problème […]" À 40.000 euros de salaire mensuel pour "On va s'gêner", émission qu'il anime depuis 15 ans, auxquels il faut ajouter les salaires pour sa participation, chaque semaine, à onze autres émissions, sans parler de la propriété de deux théâtres, aucun risque, en effet, de finir pauvre comme Job. Pas plus en France qu'ailleurs. Alors, à ce tarif-là, il peut bien jeter son fiel...

Et d'espérer, "comme beaucoup de Français, qu'un candidat surgira de nulle part". Que lui demanderait-il, à ce candidat inconnu, monsieur Ruquier ? On ne le saura pas. L'important, c'est "tout sauf le Front national". On ne change pas les petites habitudes, même si elles sentent fort le moisi. Quarante ans de gouvernance droite et gauche quasiment à égalité de temps avec les résultats que l'on connaît, pour un Ruquier jamais impacté, on comprend que le changement, ce n'est surtout pas pour maintenant...

La preuve : Juppé, Bayrou et même Hollande, peu importe lequel d'entre eux - il en a, des convictions, c't homme-là ! -, il ne votera jamais, au grand jamais, Marine Le Pen. "Franchement, cette présidentielle ne va pas être si mal. On le sait tous : sera au second tour mais elle ne passera pas." Y a pas à dire, a mis en branle la machine à casser du FN. Sans aucun argument. Normal, c'est du Ruquier.

30 janvier 2016

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