, première candidate déclarée (et depuis longtemps) à la course à l’Élysée, vient de faire sa rentrée à Brachay (Haute-Marne) devant quelques centaines de milliers de téléspectateurs et un petit millier de fidèles réunis devant une tribune d’où la flamme du Front national était notoirement absente.

Une rentrée qui lui a permis d’évoquer, pendant quarante-cinq minutes, les thèmes qu’elle développera tout au long de sa campagne, et surtout de se présenter comme une Présidente tout à fait convenable. Elle veut apparaître comme une candidate à un siège sur lequel elle se sentira à l’aise pour relancer la France là où quarante ans de présidence médiocre l’ont laissée.

Quarante-cinq minutes pour convaincre alors que, si certains sondages selon Le Monde ne montrent aucune amélioration la fixant entre 25 et 30 %, celui d’i>Télé-Huffington Post vient de lui attribuer la première place de la préférence des Français, avec 24 %, à trois points devant Alain Juppé.

C’est donc gonflée à bloc que Marine Le Pen a pris la parole. Elle a mis en avant sa crédibilité, sa conviction d’être la seule alternance possible à l’UMPS pour afficher une stature présidentielle.

 Elle a expliqué son rôle de Présidente. « Présider, c’est prévoir pour anticiper. C’est refuser le prisme réducteur de la bien-pensance. Présider, c’est se comporter en chef de l’État, c’est-à-dire œuvrer pour que l’État ne fonctionne pas pour une faction. Présider, c’est se sentir le gardien d’un pays, d’une nation, des valeurs de la civilisation française, de la Constitution, une longue construction juridique. » Sans doute voulait-elle signifier que l’actuel et le précédent Président avaient été de mauvais chefs d’État. Elle n’a, d’ailleurs, jamais cité le nom de François Hollande, mais s’est délectée de rappeler que , « qui se voudrait le champion médiatique de la lutte contre l’islamisme radical, est allé rencontrer en secret le roi d’Arabie saoudite, chantre du wahhabisme ».

Sujet de prédilection du FN, elle a longuement évoqué l’ qui doit être « notre modèle. Notre conception de la nation n’est pas fermée, mais elle est exigeante. » Sans vraiment parler de l’islamisation de la société, elle a rappelé l’obligation que devront avoir les nouveaux arrivants de se plier aux règles de vie de leur pays d’accueil. Quant au « vivre ensemble », Marine Le Pen n’a pas manqué d’ironiser sur cette « formule magique ».

Elle souhaite proposer le chemin de l’apaisement par l’autorité. Car la présidente du FN tient à sa formule de “La France apaisée” qui n’est ni “La force tranquille” de Mitterrand, ni “La France pour tous” de Chirac, ni em>”Changer d’avenir” de Jospin et encore moins “Ensemble tout devient possible” de Sarkozy.

Ce que Marine Le Pen souhaite, c’est une France non pas tranquille – car il va falloir bouleverser un grand nombre d’habitudes, bouger les lignes, annuler des dizaines de lois et autres décrets qui risquent, si elle était élue, de faire battre le pavé à nombre d’opposants -, mais une France apaisée.

Un slogan consensuel destiné à calmer le mauvais impact qu’a encore le nom Le Pen sur une grande partie de l’opinion. Raison pour laquelle son patronyme disparaîtra sur les tribunes de ses futurs meetings. Avec, comme objectif, de dissiper les doutes qui planent encore sur son nom.

A-t-elle déjà commencé, avec ce discours de rentrée, à casser le plafond de verre ? C’est possible, lorsque j’écoute le cercle d’amis qui lui était encore hostile et qui commence à penser que, « après tout, pourquoi ne pas essayer ? Qu’a-t-on à perdre après autant d’échecs et toutes ces promesses que les candidats, gauche et droite confondues, n’ont pas su tenir ? »

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