On entend régulièrement les ténors du FN opposer « l’UMPS », formé des élites décadentes coupées du peuple, au Front national, le seul grand parti censé représenter le peuple.

Pourtant, il y a quelque chose de frappant dans les sondages d’opinion depuis trois ou quatre ans. Il est vrai que les Français sont devenus très majoritairement proches des positions traditionnelles du FN en matière d’ et d’insécurité. Ainsi, ils sont majoritairement favorables à l’arrêt de l’immigration, à la fin du regroupement familial (68 % selon un sondage du Parisien), de l’AME, à réserver les aides sociales aux Français seulement (67 %, sondage Le Parisien du 13/9/2014). Ils s’opposent aux lois Taubira et autres pour « vider les prisons » et sont en faveur de la construction de nouvelles prisons.

En revanche, tout aussi majoritairement, ils ne suivent pas le FN nouvelle version sur ses positions en matière économique et sociale : « l’État intelligent » ou « stratège », la fin de l’euro et le retour au franc, le maintien d’un État obèse avec le refus du remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, etc. Là, on a des pourcentages de l’ordre de 25 à 30 % en faveur du FN au lieu de 65 à 75 % concernant l’arrêt de l’ et la méfiance à l’égard de l‘islam.

Ces chiffres se vérifient non seulement pour les Français en général mais aussi pour les électeurs du FN.

Si l’on enquête sur la motivation qui pousse ces derniers à voter FN, on obtient en numéro 1 l’ et en numéro 2 l’insécurité, les deux phénomènes étant reliés à leurs yeux. Le programme économique et social du FN arrive très loin derrière, s’ils en ont jamais lu une ligne. Ainsi, le sondage OpinionWay de 2011 demandant aux électeurs FN de citer leurs trois principales motivations de vote donne l’immigration à 78 %, la sécurité à 57 %, l’islam à 54 %, l’emploi à 12 %, l’Europe à 7 %. Si les leaders du FN prétendent avoir la solution au chômage par un mélange d’État stratège et de protectionnisme, ses électeurs, sans doute mieux informés sur les réalités économiques de notre monde, semblent plus sceptiques sur ce point.

Devant une telle situation, un parti qui prétend être à l’écoute du peuple ferait évoluer sa ligne. Or, Florian Philippot et ont l’air tout à fait indifférents à cette situation et continuent à débiter leur catéchisme « antimondialiste » et anti-euro comme si l’opinion majoritaire des Français ne les intéressait pas.

Peut-être cette contradiction explique-t-elle que, pour deux Français sur trois, le FN n’est pas capable de gouverner (sondage Le Parisien du 13/9/2014).

Le discrédit des autres grands partis est tel que ce n’est sans doute pas demain que l’on verra baisser le vote FN. On peut même prédire le contraire. Mais il y a quelque chose de curieux à voir ce parti prétendant représenter le peuple défendre des positions motivées par une idéologie antimondialiste qui ne correspond pas aux attentes de ce même peuple qui, lui, est plus proche des réalités.

4 novembre 2014

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