Le maire de Palavas-les-Flots était placide. « Il faut bien que jeunesse se passe », avait-il déclaré après la manifestation des résidents exprimant leur ras-le-bol de la délinquance, de la violence et des incivilités. Il n’y a qu’à attendre que ça se passe… À moins, peut-être, de figurer parmi les victimes ?

233 maires agressés depuis janvier. Une progression de 14 % en un an. Soudain, l’Association des maires de France s’agite. Réclame des mesures. Souvent silencieux lorsque les rues de sa commune sont le théâtre d’affrontements et autres feux d’artifice, l’élu exige de l’État protection et assistance pour sa propre personne. Attitude qui contraste fortement avec le fatalisme du « Casimir » de Palavas-les-Flots.

Nul doute que les milliers de maires des communes françaises ne partagent pas la passivité hallucinante de cet élu de l’Hérault, mais attendent-ils d’être atteints dans leur chair pour ruer dans les brancards ?

Après avoir reçu des coups dans le dos et à la nuque portés par des campeurs qui squattaient un terrain municipal, le premier magistrat de Port-Bail (Manche) constate que ses agresseurs n’écopent que d’un simple rappel à la loi. Aucune poursuite engagée. Bienvenue dans le quotidien du citoyen lambda.

La riposte à ces agressions en chaîne ne se fait pas attendre. Le sénateur Philippe Bas propose que les frais de justice engagés par un maire agressé soient pris en charge automatiquement, sans recours au vote du conseil municipal. Attention, l’État pourrait aller jusqu’à rembourser les mouchoirs des veuves éplorées !

Dans sa grande sagesse, le président de l’Association des maires de France, François Baroin, estime que « cette situation n’a que trop duré et exaspère l’ensemble des maires ». Selon cette déclaration insipide, seuls les maires seraient exaspérés par cette flambée de violence. Bienvenue sur la planète du technocrate en apesanteur.

Décidément très remonté, Philippe Bas exige « un véritable plan gouvernemental pour la sécurité des maires ». Le vent du boulet tendant à se rapprocher, la classe politique s’émeut. Le sénateur compte sur ses doigts. « Le citoyen d’abord, ensuite les maires, qu’est-ce qui vient après ? Diable, mais c’est moi ! Vite, un plan ! »

Dans un accès de révolte, a saisi son smartphone et rédigé quelques tweets bien sentis. Soutien aux agressés. De tout cœur avec eux. Aux obsèques de la France, le gouvernement enverra ses condoléances.

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