Culture - Editoriaux - Médias - Musique - Télévision - 19 juin 2019

Fini la télé-réalité, voici la réalité-télé !

Quand la télé dicte sa loi dans les concerts en plein air...

Samedi soir dernier, à Issy-les-Moulineaux, se déroulait le RFM Music Show, soirée concert où défilent certains artistes de la scène nationale et internationale. Plusieurs milliers de personnes se sont déplacées pour assister à l’événement, dans la joie et la bonne humeur. Les générations se côtoyaient autant sur la scène, avec Marc Lavoine et Hoshi, que dans le public, entre les enfants, les jeunes et les plus vieux !

Bref, une soirée en musique qui s’annonçait plutôt bien ! Jusqu’à ce que Caroline Rousseau, journaliste de C8, avec son équipe, débarque sur scène et annonce que la soirée sera enregistrée pour être diffusée fin juin. Suit, alors, une multitude d’événements qui transforment la soirée en un banal enregistrement de show-télé.

Ainsi, dès le début, tous les artistes présents montent sur scène pour tourner le dos au public et enregistrer pendant une dizaine de minutes l’introduction avec la journaliste. Il faudra la refaire plusieurs fois, engendrant à la fin une huée des spectateurs. De même, un problème technique a obligé Kyo et Madame Monsieur de chanter deux fois la même chanson. Enfin, les introductions des chanteurs avaient parfois lieu en coulisses, si bien que, pour le public, la scène était vide. Même Gauvain Sers a été pris au piège, démarrant sa prestation sans attendre que Caroline Rousseau, cachée en coulisses, termine de le présenter.

Finalement, le public est réduit à devenir participant de ce spectacle, les animateurs encourageant à faire de grands gestes et beaucoup de bruit. Toutefois, le public est stimulé quand le réalisateur de l’émission en a besoin et ignoré lorsqu’il n’est plus nécessaire.

N’est-il pas attristant que la télévision, non contente de s’être installée dans tous les salons de France, s’invite aussi lors d’événements festifs et conviviaux et y dicte ses codes ? Le diktat de l’Audimat™ a donc aussi un pouvoir et une action sur la réalité. Abrutir les masses par le petit écran ne suffit plus à l’appétit dévorant de l’audiovisuel, il exige que des concerts, moments conviviaux par essence, entre les spectateurs entre eux, et avec les artistes, se plient à sa volonté.

Cependant, certains artistes ont refusé cette norme, comme Claudio Capéo, se baladant dans le public, se soustrayant à l’œil pourtant vigilant des caméras.

Merci à lui pour cet exemple de résistance à l’infiltration de la télévision dans la vie réelle, merci pour ce non à cette fausse convivialité orchestrée par les journalistes, merci d’avoir rappelé la préséance, pourtant évidente, de la vie réelle sur celle virtuelle.

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