Au lendemain des attentats du 13 novembre, François Hollande se rêvait Georges Clemenceau. Face au Congrès réuni à Versailles, le Président demandait des gestes forts pour répondre à la guerre que nous mène le . Parmi ces mesures symboliques, François Hollande déclarait vouloir étendre la à tous les binationaux. Surprise : le Président semblait enfin décidé à présider.

Certes, le gouvernement désinformait alors sciemment, feignant d’ignorer que le Code civil en vigueur prévoit déjà la perte de nationalité en son article 23-7, et la déchéance de nationalité en son article 25. Dispositifs très rarement appliqués par la justice souvent laxiste sur ces questions. La grande nouveauté de ce projet de réforme constitutionnelle, resté lettre morte, était d’étendre le champ d’application de la déchéance de nationalité aux binationaux nés français. Un projet excellent que je soutenais ardemment, l’ayant par ailleurs souvent demandé. Un projet qui fut même étendu aux criminels et délinquants de droit commun plutôt qu’aux seuls djihadistes ! Excusez du peu. Tout cela était trop beau pour être vrai. Nous aurions dû le comprendre quand le chef de l’État, et Matignon, ont avancé que le projet n’était envisagé que sur le plan « purement symbolique ».

Il ne faut pas s’attrister, ou s’inquiéter outre mesure, de l’abandon de cette disposition. D’abord, elle n’aurait pas été appliquée par ce pouvoir faible. Ensuite, nous avons déjà gagné. Nous avons gagné la bataille des idées. Lorsque des patriotes arriveront au pouvoir, bien décidés à en finir avec l’islamisme et toutes les manifestations de l’anti-France, ils pourront faire réellement ce que la gauche a voulu faire. Nous aurons des arguments moraux et politiques à faire valoir. François Hollande a démontré que ce qu’il appelle « l’extrême » avait raison depuis des années. Il a démontré que certains binationaux nés Français ne sont que des Français de papiers puisqu’il a envisagé très sérieusement de pouvoir les déchoir de leur nationalité française, avant d’y renoncer sous la pression de la gauche sociétaliste. Malgré sa démission, Christiane Taubira triomphe. Elle a eu le fin mot de l’histoire.

« J’ai décidé de clore le débat constitutionnel mais je ne dévierai pas des engagements que j’ai pris pour assurer la sécurité du pays », déclarait mercredi 30 mars le versatile « Normal Ier ». Un pas en avant, deux pas en arrière. François Hollande est un danseur de salon, un manœuvrier hors pair. Il pourra dire qu’il voulait des mesures fortes mais qu’il en fut empêché par les politiciens de droite qui ne voulaient pas qu’il puisse se prévaloir de telles décisions. Il aura à moitié raison et à moitié tort. Comme toujours depuis le début de son mandat. François Hollande est un corps mou, fuyant. Où est-il vraiment ? Nous ne le savons pas. Nous ne sommes sûrs que d’une chose : le pays est en danger et n’a pas l’armement pour y répondre.

Au terme de dizaines de débats entre l’Assemblée nationale, le et les forces de pression externes, François Hollande n’a pas tenu promesse. Une fois de plus. Une fois de trop ?

30 mars 2016

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