Au soir du premier tour de la primaire, , si largement devancé par que la possibilité même d’un désistement a été envisagée, décide donc de continuer le combat. Mais de quel combat s’agit-il ? Quel ennemi monsieur Juppé redoute-t-il ? Les deux hommes ne sont-ils pas des partenaires potentiels dans l’accomplissement des grandes réformes pour le redressement de notre pays, ainsi que devant les défis si importants auxquels notre pays est confronté ? Assisterons-nous à un combat des chefs ?

Ecoutons bien le discours du 20 novembre : un petit tour sur l’éducation et la , dont personne n’ignore à quel point ces secteurs ont été massacrés par la gauche, normal ; un clin d’œil à la et sa modernité : ne pas cultiver la nostalgie du passé. Enfin, la clé de l’histoire : avancer vers une stricte égalité entre hommes et femmes ; là réside la langue de bois dont monsieur Juppé a tant de mal à se défaire. Plutôt que de nommer le vrai combat, celui contre le modèle sociétal de l’islam, et son développement en Occident, enjeu majeur des décennies à venir, voilà l’ennemi dévoilé : l’insuffisante égalité homme/femme.

Habile, croît-il, il fait coup double, puisqu’il dénonce ainsi ceux qui, de façon si ostentatoire, refusent aux femmes les droits les plus élémentaires, tout en envoyant un message « progressiste » à ceux qui pensent encore que l’égalité réelle n’est pas obtenue : ceux qui déplorent que l’idéologie du ait encore du chemin à faire, qui considèrent qu’il n’y aura égalité totale que par l’indifférenciation hommes/femmes. Pour qui l’humanité n’est pas composée de deux sexes, complémentaires puisque indissociables dans l’accouplement, mais d’individus qui peuvent bénéficier des bienfaits de la science pour réaliser leur désir d’enfant.

Chacun trouve alors son compte dans ce discours, depuis les modérés qui veulent vivre en paix, « vivre ensemble » et à qui l’on fait croire que l’islam n’est un problème que parce qu’il ne donne pas aux femmes toute la place qu’elles méritent, jusqu’aux idéologues de la qui se réjouissent de voir un leader de prêt à continuer leur grand combat : la fin du mythe chrétien, l’humanité faite matière, la machine prête à assister (remplacer) l’être dans ce qu’il a de plus naturel : sa capacité à se reproduire.

Grand écart assuré entre ces deux extrêmes d’une conception du rassemblement qui ne rassemble que par incompréhension mutuelle. Voilà pourquoi monsieur Juppé est dangereux et pourquoi son élection aurait été une catastrophe.

François Fillon est clair sur sa conception anthropologique et c’est bien pourquoi il a été soutenu par . On ne peut prétendre rassembler les Français sur un malentendu ; il faut faire émerger une vraie majorité sur des idées claires et des convictions sans faille. Alain Juppé a fait une douloureuse expérience : la langue de bois permet, un temps, de pallier l’absence de convictions mais, au soir du 20 novembre, la fin de la récréation a sonné.

22 novembre 2016

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