Editoriaux - Politique - 27 novembre 2016

Fillon : une adhésion sous conditions

Dans le domaine de l’aviation, il est une notion que les pilotes de ligne connaissent bien et qui s’appelle « le point de non-retour » : il s’agit de calculer une position sur une route donnée, au-delà de laquelle le carburant restant à bord ne permet plus de rentrer à la base.

La France vient de passer ce point. Les Français sont exaspérés et le pays est au bord de la confrontation. Seule la proximité de l’échéance de 2017 leur fait prendre patience. Alors, lorsque monsieur Fillon a exposé les grandes lignes de sa future gouvernance, il a suscité un grand espoir parmi la majorité des Français. Les citoyens de ce pays qui n’en peuvent plus de la déconnexion du monde politique d’avec leurs valeurs et leurs aspirations profondes pensent avoir découvert celui qui aurait enfin compris. À moins qu’il ne s’agisse d’un énième calcul électoral.

Il est inutile de revenir sur les trahisons des membres du pathétique gouvernement actuel et sur l’incompétence qui les caractérise. Et s’il ne s’agissait que d’incompétence, cela pourrait leur être pardonné, mais c’est pire : corruption, décisions prises en fonction des intérêts de nations étrangères, ambition démesurée, mépris de notre civilisation. La liste est longue et mériterait un procès pour haute trahison.

Nous serons probablement nombreux à vouloir porter François Fillon à la magistrature suprême en 2017, mais ce sera avec une confiance limitée. S’il réussit, il ne devra pas s’y tromper car il ne s’agira pas d’un plébiscite. Les Français n’ont plus aucune confiance en leurs politiciens et je crois utile de rappeler, ici, la liste de ses principales trahisons qui ont conduit Nicolas Sarkozy à la chute :

1) Immigration massive pour plaire au grand patronat et à ses amis américains ;
2) Proximité avec la CIA et démantèlement de nos services spéciaux ;
3) Mayotte département français sans recours à une consultation nationale [voir 1)] ;
4) Intégration de la France dans l’OTAN [voir 2)] ;
5) Mépris de l’avis des Français suite au traité de Lisbonne ;
6) Chaos en Libye et ses conséquences sur les migrations africaines vers l’Europe.

Nous n’avons pas oublié que François Fillon a été son Premier ministre, mais nous allons mettre ces fautes sur le compte d’une fidélité qui sera portée à son crédit. Sous conditions. Nous n’avons pas, non plus, oublié les innombrables trahisons des Présidents de droite successifs envers leur électorat. Trahisons dictées par les enseignements de l’ENA, école qu’il faudrait brûler tant elle génère des légions de prétentieux qui ont oublié d’où ils sortaient, et qu’ils ne sont entrés en politique que parce qu’ils ne possèdent aucune des qualités humaines qui font qu’un homme – tel que le définissait Rudyard Kipling – en est un.

La route sera dangereuse et 2017 sera probablement la dernière cartouche.

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