Second jour de la série télévisuelle concernant les liens troubles entre Uber et Emmanuel Macron : comme si la sphère médiatico-politique avait attendu le dénouement de la dernière élection présidentielle avant de lancer ses flèches les plus acérées sur ce Président si mal réélu. Résultat ? De nouvelles révélations filtrent sur cette problématique collusion entre un ministre d’État, futur président de la République, et une multinationale étrangère aux appétits d’ogre connus de longue date.

Là, c’est François Hollande qui, à son corps défendant, entre dans la partie. Libération (11 juillet) rappelle qu'en 2014, l'année s’ouvre « par l’explosion du conflit entre les sociétés de taxis et les VTC », dont le développement est fulgurant depuis que le secteur a été dérégulé cinq ans plus tôt. Notre Flanby national, lui, n’avait pas « connaissance du moindre deal ». Mieux encore : « Secrétaire général adjoint de l’Élysée, Emmanuel joue alors les VRP de luxe pour la société américaine. En août de la même année, ce dernier est nommé ministre de l’Économie en remplacement d’Arnaud Montebourg. » Une sorte de tournant, dira-t-on, mais ayant manifestement échappé à la sagacité du Président sortant.

En effet, et ce, à la même période, le très fantasque Montebourg, adversaire acharné du dépeçage d’Alstom, l’un des fleurons industriels français, au profit des USA, ne voit pas l’arrivée en masse d’Uber et la casse sociale allant avec d’un très bon œil. Mais une fois ce trublion écarté, le futur Jupiter peut enfin parachever cette entreprise de déconstruction nationale.

Et le même François Hollande, dans tout ça ? Il est le président de la République, quoiqu’il faille parfois se pincer pour le croire. Est-il seulement au courant de ces combinaisons ourdies dans l’ombre des ministères ? Il prétend encore aujourd’hui que non, n’ayant pas le moindre « souvenir » d’avoir un jour rencontré, en février 2014, Travis Kalanick, l’un des fondateurs du géant mondialisé en question.

Connaissant le traditionnel dilettantisme du tout nouvel époux de la très jeune Julie Gayet, rien ne paraît impossible, tout en n’oubliant pas qu’avec le tout aussi jeune époux de la moins jeune Brigitte Trogneux, tout demeure possible.

De son côté, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur et chargé de résoudre tensions entre taxis et VTC, admet avoir été mis au courant de l’accord conclu entre Emmanuel et les lobbyistes d’Uber. On n’en saura pas plus pour l’instant, cet ancien ministre se réservant le droit, toujours selon Libération, de réserver sa parole « à un cadre officiel, comme une commission d’enquête parlementaire, par exemple ». Concordance de ces temps parlementaires oblige, le député mélenchoniste Alexis Corbière vient juste d’en proposer une, de « commission d’enquête parlementaire »… Laquelle est, sans surprise, appuyée par Jordan Bardella, président du Rassemblement national.

Pour tout arranger, c’est au tour du Point de révéler, ce 12 juillet : « Le député RN Sébastien Chenu a dénoncé, lors d’une conférence de presse, "le premier scandale du quinquennat d’Emmanuel Macron : le scandale Uber". Selon son collègue Jean-Philippe Tanguy, les élus RN demandent "un droit de suite" sur l'affaire Alstom qui avait fait l'objet d'une commission d'enquête parlementaire présidée par Olivier Marleix (LR), ce dernier ayant saisi la justice en 2019. »

En un mot comme en cent, l’étau se resserre. Surtout lorsque, dans l’élan, Benjamin Cauchy, ancien leader des gilets jaunes passé chez Nicolas Dupont-Aignan avant d’atterrir chez Éric Zemmour, tweete :

Il est ainsi vrai que le même Jean-Noël Barrot, tout juste nommé ministre délégué à la Transition numérique et aux Télécommunications, a dû tôt se décharger de ce très encombrant dossier Uber (La Lettre A, 6 juillet). Normal, sachant que sa sœur, Hélène Barrot, est aussi « directrice de la communication d’Uber » pour les marchés concernant l’ouest et le sud de l’Europe. À force de manœuvres aussi voyantes consistant à détruire ce qui demeure encore du système social français, cela va finir par se voir. Ça se voit déjà et se verra encore plus demain. Marine Le Pen a de beaux jours devant elle.

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12 juillet 2022

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