est un ami, un des rares journalistes avec Éric Zemmour à m’avoir donné la parole et à avoir reconnu que mes propos étaient parfaitement admissibles, sinon toujours justes. C’est donc avec bonheur que j’ai répondu à l’invitation du maire de Béziers pour la feria qui est la grande fête de la ville. Je ne suis pas un passionné de corridas. J’ai même tendance à m’identifier au taureau et je crois reconnaître dans les toreros et picadors quelques « amis » politiques qui ne m’ont pas ménagé.

En fait, mon intérêt allait davantage vers ce maire du 3e type, taureau pour ses adversaires, mais matador de grande classe lorsque à son tour, il les fait passer sous la muleta de ses innovations, leur plante quelques banderilles provocatrices et leur prend les deux oreilles et la queue devant les tribunaux ou lors des élections après leur avoir donné l’estocade. Le vrai spectacle consistait pour moi à observer les rapports entre cet homme entré en politique récemment et cette ville, difficile parce qu’elle est en difficulté, qu’il a emportée en 2014. À en juger par l’accueil qui lui est réservé et par les poignées de mains chaleureusement offertes ou distribuées, le courant passe entre Béziers et son maire. Les ingrédients de ce succès sont d’abord une grande simplicité, ensuite une grande disponibilité, à quoi il faut ajouter une écoute attentive et, en retour, un message fondé sur une justice de bon sens et une légitime fierté identitaire, indispensables pour rebâtir le fameux lien social que beaucoup cherchent où il n’est pas.

J’ai parcouru pendant quatre heures, entre la fin de la corrida et minuit, les rues de Béziers en fête, en compagnie de Robert Ménard. Il a descendu la voie qui va des arènes aux allées Paul-Riquet, noire de monde, jalonnée de « bodegas » animées par des « bandas », comme autant de foyers de joie collective. Après une halte sobre à l’une ou l’autre, notamment celle qui consacrait sa nuit au tango, ce fut la visite aux pompiers et aux policiers municipaux, pour s’enquérir des problèmes rencontrés, et de l’efficacité du dispositif. Les corridas ne sont qu’un prétexte, l’épicentre d’une fête qui réunit des dizaines de milliers de personnes venues de toute la région.

L’un des messages porteurs du maire de Béziers réside dans la place donnée à l’identité. On ne peut demander justice pour une ville que le front haut, en affirmant au-delà des clivages idéologiques la fierté de ses traditions sans laquelle il n’y a pas d’ambition légitime. Cela vaut pour un pays aussi. C’est le sens de l’importance donnée à la feria par Robert Ménard. J’étais présent à la messe inaugurale célébrée dans les arènes le 12 août. Près de 9.000 personnes remplissaient les gradins. Lorsque le maire est entré à la tête des élus et au sein du cortège, les applaudissements ont jailli. Comme lors de l’installation d’une crèche en mairie, le réveil, dès l’année dernière, de cette messe oubliée n’est pas une provocation à l’encontre des non-croyants ou des non-catholiques, c’est le rappel de ce qui nous a faits ce que nous sommes, pour que nous ayons encore à offrir aux autres notre différence, plutôt que de subir dans la passivité et l’ignorance celle que parfois ils nous imposent. La foi n’exclut pas la croyance en l’avenir de la communauté locale ou nationale à laquelle on participe. Elle la soutient et l’anime.

La politique menée à Béziers doit être regardée avec le plus grand intérêt. Elle n’est pas celle d’un parti, mais celle du bien commun et du bon sens, une direction à suivre !

Partager

À lire aussi

Qui pour sauver la France ?

La France est atteinte d’une maladie politique infiniment plus grave que le Covid-19 pour …