Editoriaux - Justice - Médias - 10 octobre 2016

Feïza Ben Mohamed, militante pro-burkini, victime de… l’intolérance islamique

Madame Feïza Ben Mohamed représente la vitrine moderne de l’islam. Cette jeune femme élégante, aux cheveux libres, est étudiante en droit et la porte-parole de la Ligue des musulmans du Sud. Elle est très active dans les médias. Après l’attentat de Nice, elle a affirmé que le tueur avait fait exprès de prendre comme première victime une mère de famille voilée. Pour elle, le drame trouvait ses racines dans l’attitude de M. Estrosi (qui « stigmatiserait » les fidèles du Prophète), dans l’hystérie ambiante, dans les contrôles au faciès, dans l’interrogatoire par la police à Nice d’un enfant de 8 ans (il avait vanté le terrorisme à ses camarades).

Suite aux propos de Robert Ménard sur LCI en septembre dernier, indiquant qu’une école de Béziers comptait 91 % de musulmans, Mme Ben Mohamed lui avait conseillé de partir ailleurs (hors de France ?) si ce taux l’indisposait. Elle l’avait également traité de “nul” (je cite toujours ses propos). En 2015, invitée par les journalistes de « Des paroles et des actes » à porter la contradiction à M. Valls, elle a passionnément défendu l’ouverture des frontières et l’accueil de tous les migrants, réfugiés économiques compris.

Bien entendu, elle a mené le combat pro-burkini. Elle a soutenu, par ses nombreux commentaires, l’action en justice du CCIF, a mouché par tweets interposés M. Luca, le maire de Villeneuve-Loubet qui suggérait de se baigner dans cette tenue uniquement dans sa baignoire.

Mme Ben Mohamed est de bonne foi lorsqu’elle affirme que l’islam est compatible avec la République mais elle vient d’apporter, malgré elle, de l’eau au moulin de ses contradicteurs.

Elle a, en effet, envoyé un tweet dénonçant les commentaires, d’une violence inouïe, reçus en privé. Apparemment, des islamistes lui reprochent de ne pas porter le hidjab. Ils pourraient juste lui faire une remarque « amicale ». Mais ils vont plus loin : ils l’insultent, la rabaissent. Écœurant !

Les partisans des arrêtés anti-burkini évoquaient le risque que cette tenue ne devienne obligatoire pour toutes les musulmanes si on ne l’interdisait pas sur les plages. Les agressions verbales qu’a subies Mme Ben Mohamed ne prouvent-elles pas qu’ils avaient raison ?

Mme Rossignol propose que la justice condamne les sites anti-IVG. Pourtant, aucun d’entre eux, même les plus militants, n’invectivent celles qui envisagent de recourir à l’avortement. Pourquoi le ministre, si pointilleux sur les droits des femmes, ne suggère-t-il pas de sanctionner pénalement les hommes qui prônent le hidjab en injuriant les musulmanes aux cheveux libres ? Il s’agit pourtant d’un acte profondément et irrémédiablement raciste. Réduire une personne à la communauté dont elle est issue, l’obliger à souscrire à de prétendus rites obligatoires est une atteinte gravissime à la liberté et à la République ! Il est grand temps d’agir et de refuser que les musulmanes ne deviennent des citoyennes de seconde zone, sans droits, soumises à leur père, leurs frères ou leur mari.

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