Editoriaux - Médias - Politique - 3 février 2017

Faut-il sauver le soldat Fillon ?

La perspective de voir un Emmanuel Macron, parfait petit soldat de l’oligarchie mondialiste et immigrationniste, élu président de la République ne m’enchante guère et l’on ne peut que déplorer l’incroyable capacité du système, dont il a été l’un des rouages, à produire de fausses contestations pour sauver les meubles.

L’acharnement judiciaire du parquet financier contre M. Fillon – parquet, par ailleurs, étonnamment silencieux contre les détournements invoqués par certains médias, s’agissant de M. Macron, à hauteur de 120.000 euros – choque également l’avocat pénaliste que je suis ; et je l’ai écrit.

Faut-il, pour autant, sauver le soldat Fillon en y voyant le nouveau héraut de la chrétienté persécuté par la dictature socialiste ? Je le dis et le redis : la victoire de Fillon par rapport à celle de monsieur Macron serait, certes, un moindre mal pour la France, mais elle resterait néanmoins un mal.

Ceux qui volent à son secours en faisant état de sa catholicité, tout en faisant grief, par ailleurs, à Marine Le Pen de ne pas avoir défilé aux Manifs pour tous ne sont pas cohérents. Monsieur Fillon n’a pas, non plus, manifesté contre la loi Taubira, ni dit qu’il l’abrogerait, contrairement à madame Le Pen, mais il devrait bénéficier d’une présomption d’honnêteté, en la matière, supérieure à sa concurrente. À quel titre ?

Il a voté pour la reconnaissance de l’IVG comme droit fondamental et a été aux abonnés absents par deux fois lorsqu’il a fallu voter contre la liberticide loi sur le délit d’entrave numérique.

Quant aux gens de Sens commun, qu’ont-ils obtenu après avoir vendu la tête de Poisson pour un plat de lentilles, sinon cinq misérables investitures dont quatre non éligibles alors que les centristes de l’UDI en ont obtenu 87 et que NKM se voit offrir une circonscription en or avec, sans doute à la clé, un poste de ministre ?

Nous passerons sur le fait que M. Fillon a été un acteur de la vie politique française en ayant été député, sénateur, ministre et Premier ministre, et qu’il a, de facto, endossé à ce titre la responsabilité des politiques qui ont mené notre pays au chaos. Et rien dans ses déclarations récentes ne permet de déceler un quelconque changement.

Je veux bien que l’on critique l’offensive mondialiste, mais dans ce cas, pourquoi taire la présence aux côtés de monsieur Fillon de monsieur de Castries, président en Europe du puissant groupe Bilderberg qui constitue, avec la Commission trilatérale, l’une des plus puissantes officines de destruction des nations participant à l’instauration du Nouvel Ordre mondial ? Lequel, Castries, a succédé dans le temps à Marc Ladreit de Lacharrière, ancien directeur de la Revue des deux mondes qui a rémunéré madame Fillon 100.000 euros pour deux piges, cofondateur et mécène de SOS Racisme ?

Quant à l’affaire de madame Fillon, si je déplore l’acharnement judiciaire, elle n’en reste pas moins immorale et constitue un contre-témoignage pour des millions de foyers français qui triment avec des salaires trois fois inférieurs pour une activité réelle, pour reprendre les termes de madame Boyer.

Que l’on ne nous fasse pas prendre des vessies pour des lanternes, le MEDEF pour les Chevaliers du Temple, Penelope pour sainte Blandine et monsieur Fillon, qui est en train de nous refaire le coup de Sarkozy en 2007, pour le nouveau Saint Louis. Si la politique est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire, l’opportunisme électoral n’en constitue pas moins une contrefaçon. Ne hurlons pas avec les loups, mais ne soyons pas dupes car on ne mettra jamais du vin nouveau dans de vieilles outres percées.

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