Le berger des Pyrénées peut lancer son béret en l’air en signe de victoire : il a obtenu les 500 signatures qui lui permettent d’être candidat à l’élection présidentielle !

est un homme atypique. Élu pour la première fois, en 2002, à l’Assemblée nationale, il est régulièrement réélu : en 2007 sous l’étiquette UDF-MoDem, en 2012 sous l’étiquette MoDem, un des rares survivants du mouvement de François Bayrou qui siège dans le groupe des non-inscrits. Il n’a pas voté pour Hollande en 2012 et prend vite ses distances avec celui qui vient de rejoindre Macron.

Cette indépendance, on la retrouve dans certains épisodes singuliers de sa carrière.

En juin 2003, en plein Hémicycle, il entonne “Si canti”, interrompant le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, pour protester contre la suppression programmée d’une gendarmerie près du tunnel du Somport. Jean-Louis Debré, qui préside l’Assemblée, le menace d’un huissier. “Lorsque tout a été essayé, il reste le chant”, estime le député des Pyrénées-Atlantiques : il obtiendra gain de cause.

Dans la salle des quatre colonnes, en mars 2006, il entame une grève de la faim qui dure 39 jours. Il veut attirer l’attention sur le départ, de la vallée d’Aspe, de l’usine Toyal, filiale d’un groupe japonais qui emploie 150 salariés. Il perd 21 kilos mais l’emporte finalement : le gouvernement intervient pour empêcher l’opération.

Dernier exploit : en 2013, il entreprend, pendant huit mois, un tour de France à pied. Il veut se faire “la voix des sans-voix”, recueillant les témoignages des oubliés de la République pour rédiger une sorte de cahier de doléances, les “Cahiers de l’espoir”.

Ses positions – qu’on les partage ou non – révèlent le même esprit d’indépendance : le 23 avril 2013, il vote, en seconde lecture, contre le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. En mai 2016, il soutient le mouvement Nuit debout, échange avec les manifestants dont il estime qu’ils sont à la recherche d’une société nouvelle. En janvier, il s’est rendu à Damas avec des députés LR pour discuter avec Bachar el-Assad.

Sur son site, Jean Lassalle explicite les dix grands principes de son programme : “Libérons-nous de l’oppression financière”, “Libérons l’écologie de la financiarisation qui la dénature”, “Rendons son pouvoir à l’institution locale la plus démocratique, la commune”, “Permettons aux entreprises de servir le bien commun, le long terme”, “Donnons à nos enfants la chance de maîtriser leur destin”, “Retissons le lien social déchiré”

Une auberge espagnole, un concentré de lieux communs ? Du Jean Lassalle, plutôt, qui dit simplement ce qu’il pense, sans langue de bois. Son slogan ? “Ensemble nous pouvons retaper la France.” Il faut dire qu’elle en a bien besoin ! Certes, il ne fera pas un score pharamineux. Il le sait : il concourt avec les candidats qui se partageront un tout petit pourcentage de suffrages.

“Ma maison, c’est dans la montagne”, aime-t-il à rappeler. Près de la nature, dans l’air pur, loin des miasmes de la politique. La position qu’il prendra au second tour permettra sans doute de savoir si sa candidature est vraiment l’expression de convictions personnelles, qu’il a voulu défendre à l’occasion de la campagne, ou s’il a, comme il arrive trop souvent dans la gent politicienne, quelque arrière-pensée, “une pensée de derrière”, comme dirait Pascal.

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